Le PM turc demande aux gouverneurs de lutter contre les mairies qui aident le PKK
"Ne permettez pas que les deniers publics soient transformés en balles tirées contre nos forces de sécurité", a déclaré Binali Yildirim lors d'une réunion avec les gouverneurs du pays
Ankara
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a exhorté les gouverneurs à utiliser tous les moyens permis par la loi pour lutter contre les maires et les municipalités qui utilisent les fonds publics pour soutenir les terroristes.
Le chef du gouvernement s’est adressé, jeudi, aux gouverneurs réunis à Ankara.
Il est intervenu de manière déterminée sur la lutte que les gouverneurs doivent mener contre le terrorisme, que ce soit les séparatistes du PKK dans l’est et le sud-est, ou les membres de FETO, auteur de la tentative de coup d’Etat du 5 juillet, infiltrés dans la sphère publique et étatique.
"Les décrets instaurés dans le cadre de l'état d'urgence donnent au ministère de l'Intérieur tous les moyens de lutter contre les maires et les municipalités qui, dans l'est et le sud-est, utilisent les moyens publics pour aider les terroristes. Ne permettez pas que les deniers publics soient transformés en balles tirées contre nos forces de sécurité", a insisté le Premier ministre.
"Jours et nuits, vous devez être à la poursuite des terroristes. Le terrorisme doit disparaître de l'actualité de notre pays coûte que coûte. Le terrorisme freine nos projets, il ralentit notre développement économique et nous oblige à sortir de nos objectifs pour poursuivre d'autres priorités", a-t-il encore déclaré.
Et d'avertir : "Ne laissez pas le terrorisme être la seule actualité de nos provinces, villes et villages. Dans le cas contraire, vous participeriez, de manière volontaire ou involontaire, aux objectifs des terroristes."
Binali Yildirim a très sévèrement critiqué les propos des députés du Parti Démocratique des Peuples (HDP), empreints de menaces ouvertes en cas de poursuites des opérations contre le PKK et le PYD, sa branche en Syrie. Certains députés parlent ouvertement de «révoltes» dans les villes de l’est et du sud-est de la Turquie.
«La Turquie est un Etat de droit. Personne n’est au-dessus des lois. S’ils pensent pouvoir tenir tête à l’Etat ainsi, ils se trompent. Ils rendront des comptes d’abord pour les événements des 6 et 7 octobre 2014 (qui avaient coûté la vie à plus de 50 personnes en Turquie, après des appels lancés par le HDP pour protester contre les attaques à Kobané en Syrie)», a-t-il dit.
Par la suite, le Premier ministre est revenu sur la lutte contre l’organisation terroriste FETO.
Il a notamment demandé aux gouverneurs de s’efforcer de faire la différence entre les «réels coupables et les innocents», attirant l’attention sur le risque de punir des personnes qui ne seraient pas réellement liées à FETO.
«Dès le départ, nous savions que cette lutte ne serait pas efficace à 100%. Car les membres de FETO savent très bien se camoufler. C’est une organisation sombre et opaque», a-t-il expliqué.
Yildirim a cependant annoncé que des «bureaux de crises» vont être formés tant au ministère que dans toutes les provinces, pour étudier les cas des personnes affirmant être victimes d’une erreur ou d’une injustice.
«S’il y a une erreur ou une injustice, dès que ces opérations seront terminées, le nécessaire sera fait pour blanchir les personnes innocentes et pour leur permettre de retrouver leurs emplois», a-t-il déclaré, confirmant la volonté du gouvernement d’ouvrir la porte au retour des personnes injustement écartées pour des liens éventuels avec FETO.
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