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L'ambassadeur de Jordanie à Ankara: Nos relations avec la Turquie sont exemplaires (Entretien)

C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur jordanien à Ankara, Amjad Al-Adaileh dans un entretien avec Anadolu, à l’occasion du 70ème anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre le royaume jordanien hachémite et la République de Turquie

Mehmet Öztürk, Nasser Hajjaj  | 15.01.2017 - Mıse À Jour : 16.01.2017
L'ambassadeur de Jordanie à Ankara: Nos relations avec la Turquie sont exemplaires (Entretien)

Ankara

AA/Ankara

L’ambassadeur jordanien à Ankara, Amjad Al-Adaileh, a salué les relations entretenues par son pays avec la Turquie depuis 1947, les qualifiant « d’exemplaires et de modèle de relations entre Etats ».

C’est ce qu’a déclaré Amjad Al-Adaileh dans un entretien avec Anadolu, au siège de l’ambassade jordanienne, à Ankara, à l’occasion du 70ème anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre le royaume jordanien hachémite et la République de Turquie.

La première représentation diplomatique jordanienne a en effet été ouverte à Ankara, le 15 janvier 1947, avant que cette mission ne soit élevée au rang d’ambassade en 1955.

Al-Adaileh a déclaré qu’au cours des sept décennies écoulées, les relations jordano-turques « ont été et demeurent fortes et solides, étant fondées sur la confiance et le respect mutuels ».

« Ces relations ont évolué à la faveur de la direction hachémite et des directions turques successives depuis le fondateur de la Turquie moderne, le défunt leader Mustafa Kemal Atatürk », a-t-il ajouté.

« En dépit de la tension qui a caractérisé parfois, les relations de la Turquie avec certains pays de la région, il n’en demeure pas moins que les relations jordano-turques ont été et demeurent jusqu’à aujourd’hui, exemplaires, et constituent un modèle pour les relations entre Etats », a affirmé l’ambassadeur.

Il a noté que « l’échange des visites entre les dirigeants et les responsables des deux pays n’a jamais été interrompu jusqu’à nos jours, et ce, depuis la première visite effectuée en Turquie par le fondateur du royaume hachémite, Son Altesse le roi Abdullah Ibn al-Hussein, en 1937, et sa rencontre historique avec le leader défunt, Kemal Atatürk ».

«La Turquie et la Jordanie entretiennent d’étroites relations à la fois dans les domaines économiques, politiques et culturels », a indiqué l’ambassadeur.

« Sur le plan politique, les deux pays œuvrent constamment à se concerter et à coordonner leurs efforts pour faire face aux défis issus des conflits régionaux qui touchent directement les deux Etats », a-t-il précisé.

Amman et Ankara s’emploient également à soutenir les efforts régionaux et internationaux visant à identifier des solutions politiques aux crises qui secouent la région, notamment, la crise syrienne qui a un impact direct sur les deux pays, a-t-il affirmé.

Il a relevé que « la Jordanie, la Turquie et le Liban ont assumé, à eux seuls, les charges de cette crise en accueillant des millions de nos frères réfugiés syriens et en couvrant les dépenses en découlant à partir de leurs budgets ».

Al-Adaileh indiqué, au sujet de la coopération économique turco-jordanienne : « depuis la signature d’un Accord de libre échange en 2009, en vertu duquel les visas d’entrée imposés aux ressortissants des deux pays ont été supprimés, le volume des échanges commerciaux ont été multipliés pour atteindre en 2015 près d’un milliard de dollars alors qu’il ne dépassait pas les 150 millions de dollars en 2010 ».

« Nous nous employons actuellement à accroître le volume des échanges commerciaux et des investissements dans les deux pays. Amman a mis en place une série de mesures incitatives pour encourager les entreprises turques à investir en Jordanie dans les secteurs industriels, l’eau, l’énergie et l’agriculture », a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « De même, la Jordanie a proposé l’aménagement d’une zone franche réservée aux industries turques dans la région d’Aqaba pour y investir et exporter vers les marchés proches des pays du Golfe et d’Afrique, bénéficiant ainsi des avantages qu’offre l’économie jordanienne ».

« La suspension des lignes terrestres entre la Turquie et la Jordanie via la Syrie a influé sur le mouvement des exportations et des importations entre les deux pays. Mais, nous œuvrons actuellement à lancer une liaison terrestre entre le port d’Aqaba et les ports turcs afin de remplacer la liaison terrestre. Les parties concernées dans les deux pays œuvrent d’arrache-pied à inaugurer cette liaison dans les plus brefs délais », a-t-il précisé.

L’ambassadeur a affirmé : « Il est attendu que le Premier ministre, Dr Hani al-Mulki, effectue prochainement une visite en Turquie pour s’entretenir avec le chef du gouvernement Binali Yildirim afin de discuter des dossiers politiques et économiques, et d’engager de nouvelles perspectives de coopération dans les différents domaines ».

Au sujet de la question de la crise syrienne, Amjad Al-Adaileh a indiqué : « la Jordanie et la Turquie sont les deux pays qui accueillent le plus de réfugiés syriens. En Jordanie, leur nombre a atteint les 1,4 millions, soit le cinquième des habitants du pays, qui consacre environ le quart de son budget pour couvrir les coûts de résidence de ces réfugiés, et pour leur dispenser les prestations éducatives et médicales nécessaires».

Il a ajouté à ce sujet : « Le gouvernement a évalué le volume des dépenses destinées aux réfugiés syriens en Jordanie au cours des cinq dernières années à 8 milliards de dollars tandis que les aides reçues par Amman ne dépassent pas les 35% de ces dépenses ».

« Nous appelons la Communauté internationale à se mobiliser pour soutenir la Jordanie et la Turquie et pour concrétiser les engagements pris par les Etats, et tout particulièrement les promesses faites lors de la Conférence de Londres pour le soutien des pays accueillant les réfugiés », a-t-il affirmé.

« Nous assumons les charges et la responsabilité au nom du monde entier », a-t-il noté, soulignant, à cet égard : « nous pensons que la crise des réfugiés syriens sera encore en suspens au cours des prochaines années, et les solutions se doivent donc de viser le long terme ».

« Quant à l’expérience turque en matière d’accueil des réfugiés syriens, il est indéniable qu’il s’agit d’une expérience pilote », a-t-il relevé.

« La Turquie a accueilli près de 2,5 millions de réfugiés et assumé, à elle seule, le lourd fardeau des dépenses. Elle a ainsi présenté une image humaniste positive, au service des frères syriens victimes de ce conflit sanguinaire qui se poursuit depuis plus de cinq ans », a rappelé l’ambassadeur jordanien.

Al-Adaileh a affirmé, au sujet de la coopération sécuritaire entre Amman et Ankara dans le cadre de la lutte anti- terrorisme, que la guerre menée en Jordanie contre le terrorisme est la même guerre menée par l’ensemble des Etats arabes et musulmans contre ce fléau qui s’attaque aux sociétés islamiques, notamment turques et jordanienne.

« Cela implique impérativement une coopération entre nous et la Turquie ainsi que l’ensemble des pays de la région pour faire face à ce problème désormais transfrontalier, qui menace nos sociétés », a-t-il souligné.

Il a ajouté : « ces organisations terroristes qui prétendent appartenir à l’Islam ont altéré et dénaturé l’image des Musulmans qui adhèrent à une grande et sublime religion, et à son message de miséricorde, de tolérance et de paix. Ces groupes, dont l’Islam est totalement innocent, sont les « Kharéjites » (Hérétiques) de notre époque comme les avait qualifiés Sa majesté le roi Abdallah II ».

A une question sur l’intention annoncée par le président américain élu, Donald Trump, de transférer l’ambassade des Etats-Unis en Israël à Jérusalem, alors qu’Amman y est considéré comme le protecteur des lieux sacrés islamiques et chrétiens, l’ambassadeur a affirmé que « la Jordanie continuera à assurer son rôle historique et religieux de protection des lieux sacrés islamiques et chrétiens à Jérusalem ».

« La Jordanie ne ménagera aucun effort, en coopération avec les [Etats] frères et amis pour faire face à tout changement de nature à porter atteinte à la place d’al-Quds [Jérusalem] et à son identité arabo-musulmane », a-t-il souligné.

L’ambassadeur jordanien à Ankara a, par ailleurs, abordé les préparatifs entamés pour accueillir le Sommet arabe du 29 mars prochain, sous la présidence de Son altesse le Roi Abdallah II.

« Ce Sommet intervient dans le cadre d’une conjoncture arabe, régionale et internationale exceptionnelle, d’autant plus que le monde arabe et la région en général, sont confrontés à la menace de l’extrémisme et du terrorisme qui ciblent tous les pays arabes », a déclaré Al-Adaileh.

« La tenue du Sommet à Amman constituera une opportunité de discuter de toutes les questions à même de renforcer la solidarité et la coopération arabes communes et d’aboutir à des recommandations et à des solutions aux points qui intéressent le Monde arabe. Nous espérons que ce sommet représentera un changement concret dans l’action arabe commune et un point de départ vers la solidarité, le rejet des différends, l’unification des positions et la lutte contre les tentatives de porter atteinte aux Arabes et aux Musulmans de la part des « Kharéjites » de cette époque qui altèrent l’image de l’Islam et des Musulmans » a noté l’ambassadeur.

Il a déclaré, au sujet de la crise syrienne : « La Jordanie soutient tout effort international sincère qui contribuerait à mettre un terme à la souffrance du peuple syrien frère et à décréter un cessez-le-feu ».

« La crise en Syrie ne peut être résolue que dans le cadre d’une solution politique globale et inclusive à laquelle participent les représentants de toutes les composantes du peuple syrien et qui bénéficierait de l’approbation de tous », a-t-il indiqué.

La solution en question devrait, selon lui, « préserver l’unité du peuple syrien et l’intégrité de son territoire, rétablir la solidarité et l’entraide entre les Syriens et permettre l’établissement d’un Etat moderne et démocratique afin que la Syrie reprenne sa place et son rôle dans la région ».

« Nous espérons que les efforts russes et turcs visant à réunir l’opposition et le régime autour de la table de négociations à la Conférence d’Astana sont à même de garantir la plateforme idoine pour le dialogue afin d’aboutir à une résolution globale de cette crise», a-t-il affirmé.

L’objectif étant de « mettre fin à toute forme de violence et permettre aux Syriens déplacés et exilés de retourner à leur patrie, en garantissant l’unité du peuple syrien et l’intégrité de son territoire ».

« Les relations entre la Turquie et le Monde arabe reposent sur des liens religieux et culturels historiques et séculaires » a déclaré Amjad Al-Adaileh.

« La région nécessite l’établissement d’un ordre régional cohérent fondé sur une coopération stratégique dans les secteurs de l’économie, de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme et de la réalisation de la paix », a-t-il affirmé.

L’ambassadeur a ajouté : « La Turquie bénéficie d’une place particulière dans le Monde arabe et l’ouverture économique turque a eu un impact des pus positifs sur la promotion de la coopération entre les deux parties ».

« Ankara est conscient que ses intérêts économique et sécuritaire sont fondées aujourd’hui sur l’intensification de la coopération avec les pays arabes dans un cadre d’échanges d’intérêt et de compréhension mutuel, dans le respect de chacune des partie des spécificités de l’autre », a-t-il souligné.

Selon les prévisions du Fonds Monétaire International (FMI), l’économie jordanienne connaîtra une amélioration de son rendement en 2017, malgré le ralentissement enregistré dans le pays en 2016, résultant de l’accroissement des dépenses destinées aux réfugiés Syriens et de la baisse des revenus du secteur du tourisme.

Une amélioration est en vue, à la faveur de la mise en œuvre des termes de l’accord conclu avec l’Union européenne, qui devrait favoriser les exportations jordaniennes, a noté l’ambassadeur.

« En outre, nous espérons assister à la réouverture du passage d’al-Karama, sur nos frontières avec l’Irak, qui est le premier partenaire économique de la Jordanie », a-t-il ajouté.

En dépit des analyses qui paraissaient parfois pessimistes, la Jordanie a pu progresser, et dépasser les chocs provoqués par les conjonctures économiques, a souligné l’ambassadeur.

« L’avenir des relations jordano-turques est prometteur et les solides liens fraternels qui unissent les deux pays indiquent que ces relations se développeront et se renforceront davantage », a-t-il affirmé.

« Les directions des deux pays s’emploient, avec sincérité et dévouement, à hisser le niveau de la coopération dans les domaines économique, politique et culturel. De même, les visites que ce soit au niveau des dirigeants ou des Chefs de gouvernement ne se sont jamais interrompues et le Premier ministre jordanien envisage de se rendre en Turquie prochainement », a-t-il conclu.

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