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JO d'hiver 2026: Heraskevych saisit le TAS après sa disqualification pour un casque en hommage aux morts ukrainiens

- Le skeletoneur conteste une sanction du CIO fondée sur la Charte olympique et réclame sa réintégration d’urgence aux Jeux de Milan-Cortina

Serap Doğansoy  | 12.02.2026 - Mıse À Jour : 13.02.2026
JO d'hiver 2026: Heraskevych saisit le TAS après sa disqualification pour un casque en hommage aux morts ukrainiens

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych, disqualifié ce jeudi de l’épreuve olympique pour avoir refusé de renoncer à un casque rendant hommage à des athlètes ukrainiens tués depuis le début de la guerre avec la Russie, a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester la décision et demander sa réintégration aux Jeux d’hiver de 2026.

Dans un communiqué, le TAS indique que la requête vise à contester la décision du jury de la Fédération internationale de bobsleigh et de skeleton (IBSF), laquelle a jugé incompatible avec la Charte olympique le port en compétition d’un casque affichant des portraits d’athlètes ukrainiens décédés. L’instance précise que l’athlète invoque une exclusion « disproportionnée », non justifiée par une violation technique ou de sécurité, et demande, à titre provisoire, sa réintégration immédiate ou, à défaut, l’organisation d’une descente officielle supervisée par le TAS dans l’attente d’une décision sur le fond.

Le Comité international olympique (CIO) avait annoncé plus tôt dans la journée la disqualification du porte-drapeau ukrainien, invoquant l’article 50 de la Charte olympique, qui interdit toute forme de « propagande politique » sur les sites de compétition, au village olympique et lors des cérémonies. Selon le CIO, plusieurs échanges ont eu lieu avec l’athlète, y compris une rencontre le matin même avec sa présidente, Kirsty Coventry, sans qu’un compromis ne soit trouvé.

L’instance olympique affirme avoir proposé des alternatives, telles que le port d’un brassard noir ou l’utilisation du casque en dehors de la zone de compétition, soulignant que le message ne posait pas problème en tant que tel mais que la question portait sur le lieu de son expression. Elle précise que le casque a pu être porté lors des entraînements et en zone mixte.

Dans un message publié sur le réseau social américain X, Vladyslav Heraskevych a dénoncé une décision « injustifiée » et évoqué le « cynisme » du CIO. Il affirme que son accréditation avait initialement été révoquée avant d’être prolongée, à l’initiative de la présidente du CIO, lui permettant de demeurer au village olympique sans pouvoir concourir.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait auparavant salué l’initiative de l’athlète, dont le casque arbore notamment les portraits de sportifs ukrainiens tués au combat ou dans des bombardements. Après l’annonce de la sanction, il a estimé que le mouvement olympique ne devrait pas « jouer le jeu des agresseurs ».

La décision est intervenue environ 45 minutes avant le début de l’épreuve de skeleton. Les courses se sont déroulées sans l’Ukrainien, quatrième des derniers Championnats du monde et considéré comme un candidat potentiel au podium.

Une réponse du TAS est attendue, les avocats de l’athlète ayant sollicité une décision avant la fin des compétitions. À ce stade, l’issue sportive apparaît toutefois compromise, les premières manches ayant déjà été disputées.​​​​​​​

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