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Dorgeles Nene, de l’amertume de la CAN à l’ivresse stambouliote : vingt-quatre heures de tourbillon d’émotions

- L’international malien a vécu un week-end d’un rare contraste. Éliminé de la Coupe d’Afrique des nations vendredi, l’ailier de 23 ans soulevait le trophée de la Supercoupe de Türkiye dès le lendemain avec son club Fenerbahce

Ben Amed Azize Zougmore  | 11.01.2026 - Mıse À Jour : 11.01.2026
Dorgeles Nene, de l’amertume de la CAN à l’ivresse stambouliote : vingt-quatre heures de tourbillon d’émotions

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Parfois, le calendrier du football professionnel s’affranchit de toute logique physiologique pour ne répondre qu’à la dramaturgie du sport. Dorgeles Nene, jeune ailier malien de 23 ans, en est devenu, ce week-end, le visage le plus saisissant. En l’espace d’une seule rotation terrestre, le joueur a traversé le spectre complet des émotions que peut offrir une carrière : la désolation d’une sortie de route nationale, suivie, moins de vingt-quatre heures plus tard, de la célébration d’un titre majeur en club.

Tout commence vendredi 9 janvier, à Tanger au Maroc. En quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le Mali de Dorgeles Nene s’incline face au Sénégal sur la plus petite des marques, 1-0. Pour les Aigles, l’aventure s'arrête brutalement. Pour Nene, les larmes ne sont pas encore sèches que commence une autre course, contre la montre cette fois.

- Un marathon de 3 000 kilomètres

Loin des traditionnels temps de décompression ou des retours mélancoliques vers la capitale nationale, le joueur de Fenerbahce s'est envolé dès le coup de sifflet final. Un périple aérien de 3 000 kilomètres pour rejoindre Istanbul, où son club disputait, samedi 10 janvier, la finale de la Supercoupe de Türkiye face au rival historique, Galatasaray.

Sur la feuille de match, son nom apparaît parmi les remplaçants. À 16h45, soit presque exactement vingt-quatre heures après le coup d'envoi de son quart de finale africain, Nene observe le début de la rencontre depuis le banc de touche du stade Olympique Ataturk. À la 69e minute, défiant l'épuisement nerveux et physique, il entre en jeu, alors que son équipe ménait de 2 buts. Il contribue toutefois à maintenir l'avantage et à assurer la victoire des siens, participant à la victoire (2-0) des siens. Au coup de sifflet final, l'image du joueur soulevant le trophée offre un raccourci vertigineux sur la condition de l'athlète moderne, sommé de se réinventer dans l'instant.

- « L'échec qui forge »

Sur ses réseaux sociaux, le joueur a tenu à mettre des mots sur cette trajectoire singulière. « Échec qui forge, victoire qui éclaire l’avenir », a-t-il écrit, dans un message qui témoigne d'une maturité déconcertante. « Nous avons reçu une leçon inestimable sur la fragilité de la victoire. En tant que fier représentant du Mali, j’ai donné le meilleur de moi-même. »

Si le titre remporté avec Fenerbahçe atténue sans doute la douleur de l'élimination continentale, il souligne surtout la résilience d'un joueur capable de basculer d'un « chapitre » à l'autre sans transition. Dans un football mondialisé où les calendriers se superposent jusqu'à l'absurde, Dorgeles Nene a prouvé que si le corps a ses limites, la volonté, elle, peut parfois les ignorer le temps d'une finale.

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