Mohamed Hedi Abidellaoui
14 Janvier 2017•Mise à jour: 14 Janvier 2017
AA/ Libreville/ Patrick Juillard
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2017) vient de démarrer (samedi 14 janvier) à Libreville, la capitale gabonaise. Les favoris, on en a parlé à tout bout de champ. Les outsiders, sauf surprises voire miracles, on s'y est peu intéressé. Retour sur ces équipes qui entament la compétition, étant mal desservies par les pronostics des plus avérés :
Guinée-Bissau:
La Guinée-Bissau va enfin vivre une CAN autrement que devant un poste de télévision. Une telle situation était pourtant inconcevable au coup d’envoi des éliminatoires de la CAN 2017, au mois de juin 2015 : la Guinée-Bissau était alors 43e en Afrique et 155e mondiale au classement FIFA (Fédération internationale de football association). Un an plus tard, les Djurtus écartaient la Zambie (3-2), et s’assuraient la première place de leur groupe éliminatoire, qui comportait également le Congo et le Kenya. Les Djurtus (Lycaons) disputeront la phase finale de la Coupe d’Afrique pour la première fois de leur histoire, vierge de tout exploit jusqu’alors. Compact et efficace en contre-attaque, la grosse cote de l’édition 2017 est l’une des seules sélections à être dirigée par un local, en la personne de Baciro Candé. « Cette qualification est comme une deuxième indépendance pour le pays », a coutume de déclarer ce technicien de 49 ans, qui va comme toute son équipe goûter pour la première fois la saveur du grand tournoi africain.
Zimbabwe:
Avec la Guinée-Bissau, le Zimbabwe est l’équipe à s’être qualifiée avec le plus petit total de points. Cette troisième qualification l’histoire des Warriors, la première depuis 2006, constitue déjà une performance remarquable, dans une poule qui comportait également la Guinée-Conakry, le Swaziland et le Malawi. Le niveau en phase de poule va être plusieurs niveaux au-dessus : Algérie, Sénégal, Tunisie. Si les chances du Zimbabwe à cette CAN sont minimes, la formation d’Afrique australe n’a rien à perdre. Avec une seule défaite sur les onze derniers matchs, c’est avec le plein de confiance que les hommes de Kallisto Pasuwa arrivent au Gabon. Si les problèmes de primes ont terni l’ambiance du groupe en tout début d’année, les choses sont rentrées dans l’ordre. On suivra notamment les prestations de l’attaquant Khama Billiat, vainqueur de la Ligue des Champions africaine 2015 avec les Mamelodi Sundowns.
Togo:
A son retour sur le banc du Togo, au printemps dernier, Claude Le Roy avait déclaré qu’une qualification pour la CAN 2017 relèverait du « miracle ». Le miracle a eu lieu pour les Eperviers, quart-finalistes en 2013. Qualifiés en tant que meilleurs deuxièmes, c’est à la différence de buts qu’ils ont composté leur billet pour la phase finale, devant le Bénin et l’Ethiopie, grâce à un succès facile contre Djibouti (5-0). Une telle qualification aux forceps pourrait forger un collectif. Il le faudra, car le Togo se présente au Gabon avec des cadres dirigeants – le gardien de but Kossi Agassa et l’attaquant Emmanuel Adebayor – sans club. Un manque de compétition que ces leaders devront surmonter pour rivaliser dans un groupe C très relevé, comprenant la Côte d’Ivoire, le Maroc et la RD Congo.
Ouganda:
Partout en Ouganda, la qualification pour la CAN 2017 a été saluée par une grande fête. 39 ans après la finale de 1978, les Cranes (grues, surnom de l’équipe nationale tiré de la grue royale qui sert d’emblème au pays) effectuent leur retour en phase finale. Opposés dans le groupe D de la CAN 2017 au Mali, à l’Egypte et au Ghana, les Cranes tenteront de profiter de leur statut d’outsider. La stabilité de leur staff technique, rare en Afrique, avec un sélectionneur (le Serbe Milutin Sredojevic) en place depuis mai 2013, plaide en leur faveur. « Je pense que tout le monde nous considère comme quantité négligeable dans ce groupe, mais nous avons de quoi créer la surprise. Nos supporters savent que nous n’avons plus évolué à ce niveau depuis longtemps. Ils n’attendent pas de miracle, mais nous allons tout faire pour passer le premier tour », estime le gardien de but Denis Onyango, désigné joueur local de l’année 2016 par la Confédération africaine de football.