Nadia Chahed
09 Janvier 2017•Mise à jour: 10 Janvier 2017
AA/Libreville/Jean Yves Ntoutoume
A quelques jours seulement du coup d'envoi de la Coupe d'Afrique des Nations de football, prévue du 14 janvier au 5 février, au Gabon, la "Plateforme de la Société civile gabonaise", regroupant plusieurs ONG, a appelé lundi au boycott de ce rendez-vous sportif, évoquant un " climat sociopolitique délétère".
«Nous invitons nos enfants, nos frères et soeurs, et particulièrement la jeunesse gabonaise, à boycotter toutes les activités inhérentes à la CAN par les moyens appropriés, pacifiques et non violents, au nom de la liberté d'expression», a lancé Georges Bruno Ngoussi, président de cette plateforme, lors d'une conférence de presse animée lundi dans la capitale Libreville.
Ngoussi estime, par ailleurs, que "la tenue de la CAN -dont le coût s'élève à plus de 460 milliards de FCFA (environ 800 millions de dollars)- est une folie, une volonté manifeste de désintégration du pays", d'autant que le Gabon est «dans l'impasse et plongé dans une crise sociopolitique sans précédent», depuis la dernière Présidentielle du 27 août dernier, avec des astreintes «délibérées et des violations des droits de l'Homme».
Pour lui; l'organisation de la CAN dans un tel "environnement infesté de grèves dans plusieurs administrations ne saurait être acceptée par la Société civile".
Il a rappelé, à ce propos, que «Les enfants gabonais ne sont pas à l'école à cause de l'état de délabrement avancé de plus de 95% des structures d'accueil: les effectifs sont pléthoriques avec en moyenne 150 élèves par classe au primaire et au secondaire; les universités et les grandes écoles sont, elles aussi, dans une décrépitude avancée».
Le Gabon est «dans l'impasse et plongé dans une crise sociopolitique sans précédent», depuis la dernière Présidentielle du 27 août dernier, avec des astreintes «délibérées et des violations des droits de l'Homme.»
En conséquence, une CAN qui nécessite une «adhésion massive» ne peut être organisée. D'où, l'appel au «boycott actif» lancé par cette partie de la Société civile.
Depuis quelques jours, et à la suite des différents appels au boycott relayés par les réseaux sociaux, le gouvernement, par l'intermédiaire de la ministre des Sports, Nicole Assele, a mis en garde tout «fauteur de troubles».
L'appel au boycott de la CAN intervient au moment où les magistrats, les greffiers, les enseignants du primaire, du secondaire et des universités et grandes écoles du Gabon, sont en grève.