
AA/ Conakry/ Boussouriou Bah
C’est à la fois avec pudeur et fierté que Khadija Diallo se souvient pour Anadolu, de la manière dont le président américain Barack Obama a salué son rôle dans la lutte contre Ebola en Guinée, dans le cadre du Fonds des Nations unies pour l'enfance "Unicef", le 3 août dernier lors de son discours à Washington.
‘’C’était une fierté pour moi entant que membre de l’Unicef car c’était le couronnement de nombreux efforts. Nous avons travaillé très dur sans relâche’’, se rappelle la jeune guinéenne âgée de 33 ans..
Revenant sur son parcours, Khadija se souvient avec beaucoup de joie des quelques mois passés au sein de la commission nationale indépendante (CENI) lors de l’élection présidentielle de 2010, en tant que chargée de communication.
Aujourd’hui, consciente d’occuper un poste très convoité par les jeunes de sa génération, elle reconnait sa chance de trôner à la tête du département de communication de l’UNICEF dans son pays.
Avec beaucoup d’humilité, la jeune femme, musulmane de confession, assure devoir sa réussite à Dieu, ses parents et son mari.
« Mon rôle de mère, de femme et ma vie professionnelle marchent ensemble. Depuis le début, mon mari m’appuie. On se complète. Parce qu’il y a une chose pour laquelle Dieu nous a mis ensemble entant que couple », lâche-t-elle.
Fervente musulmane, Kadija renseigne que sa vie professionnelle, ne l’empêche guère de pratiquer sa vie religieuse.
« Mon métier n’empêche pas l’exercice de ma religion et vice-versa », renseigne la spécialiste en communication, soutenant que la vie spirituelle et professionnelle peuvent bien aller de pairs.
« Ma religion, je l’exprime d’où que je sois. Partout où je vais, je porte ma religion avec moi. C’est surtout cette loyauté que nous devons donner à Allah. Ce n’est pas en restant à la maison s’enfermer qu’on peut être musulmane mais bien en s’investissant dans la société », analyse Kadija Diallo.
C’est surtout durant l’épidémie Ebola que Kadija a su prouver sa combattivité. Au pire moment de l’épidémie, elle coordonnait les plans de communication de l’UNICEF. «Notre institution a déployé des centaines de mobilisateurs pour sensibiliser les communautés », informe-t-elle.
L’équipe de l’Unicef a été sur le terrain notamment dans la préparation de la rentrée scolaire en Guinée et cet effort n’a pas été vain, se réjouit la jeune femme.
« Nous avons appuyé la rentrée scolaire. Aujourd’hui, nous sommes très fiers de déclarer que durant toute l’année scolaire, nous n’avons eu aucun cas d’ebola dans les écoles », rappelle-t-elle.
Dans les situations épidémiologiques, « les enfants sont les plus vulnérables d’où mon envie d’œuvrer pour leur cause et les appuyer sur un plan psycho-social, notamment pour encourager la réinsertion des enfants affectés directement ou indirectement dans leur communauté », explique-t-elle.
« Nous avons souvent été rejetés, agressés parfois, mais nous avons toujours dit qu’il fallait tenir jusqu’au bout. Nous nous sommes battus pour une cause. Ce ne sont pas des membres de nos familles qui sont forcément affectés mais lorsqu’on croit à quelque chose, on n’est pas découragé par le comportement externe de certaines personnes », reste convaincue la chargée de communication de l’Unicef qui poursuivra ses combats.
L'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest, qui s'est déclenchée en décembre 2013 dans le Sud de la Guinée, a fait 11.294 morts sur un total de 27.786 cas enregistrés, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
L'épidémie qui ne persiste qu'au Sierra Leone et en Guinée, pourrait être éradiquée d’ici la fin de l’année 2015, a fait récemment savoir l’agence onusienne.