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3 millions de sachets plastiques jetés par jour, le casse-tête ivoirien

L'interdiction de leur utilisation signe toutefois la mort de l'industrie embryonnaire du recyclage.

16.12.2014 - Mıse À Jour : 16.12.2014
3 millions de sachets plastiques jetés par jour, le casse-tête ivoirien

AA/Bouaké (Côte d’Ivoire) / Issiaka N’GUESSAN

Le gouvernement ivoirien a décidé d’appliquer « avec rigueur » la loi portant sur l'interdiction des déchets plastiques afin de réduire « les 3 millions de déchets plastiques que les populations rejettent par jour, dans la nature » mais, par ricochet, cette décision signe la mort de l’industrie naissante du recyclage.

A Bouaké (nord), une des 19  unités de valorisation des déchets plastiques est à l’arrêt. Assis par groupe, ses 38 employés essentiellement des ex-combattants dévissent, un petit monticule de sachets plastiques entreposés sous un hangar. L’unité de valorisation des déchets plastiques de Bouaké est fonctionnelle depuis à peine deux mois.

« A peine installés, on apprend la suppression des sachets en plastiques, nous nous posons la question de savoir où on ira » s’interroge l’un d’eux, le regard dans le vide.

« Le sachet plastique peut devenir de l’or » assure son collègue. La plupart des employés de ce secteur appartiennent à la population des ex- combattants  issus des différents programmes DDR (démobilisation , désarmement, réinsertion) mis en place après la crise postélectorale de 2010 et la rébellion de septembre 2002.Une frange à risque estimé à 30 000 personnes dont une grande partie a été réinsérée dans l’industrie du recyclage.

La Côte d’Ivoire produit 200.000 tonnes de sachets plastiques dont 140 000 destinées à l’exportation  et les 60 000 tonnes restantes sont pour la consommation locale. Selon des estimations officielles, 3 millions de sachets se retrouvent dans la nature chaque jour et que l’industrie du recyclage, encore embryonnaire, n’arrive pas à recycler.

Par semaine, les unités doivent livrer 10 tonnes chacune à leurs partenaires de la plasturgie installés à Abidjan. « L’unité met sur le marché des produits semi-finis mais aussi des pavés à base de déchets plastiques. Si on supprime la matière première(les sachets en plastique), c’est inquiétant, l’unité ira à la dérive », peste Sylla Adama, président directeur général de « Taba Sékou Imane », l’unité de recyclage de Bouaké, dans une déclaration à Anadolu.

Sylla Adama soutient avoir « anticipé en investissant » donc il n’y aura pas de licenciement dans son entreprise mais les autres vont licencier » regrette-il.

« Je ne  suis pas contre la décision mais du fait de la crise, le système économique de l’après-crise devrait conduire à organiser tous les secteurs afin que l’ivoirien puisse se refaire économiquement car on n’efface pas 10 ans de guerre en 4 ans, il y a des séquelles » regrette M.Sylla.

Du côté du gouvernement, la sollicitation du porte-parole, Bruno Koné par Anadolu est demeurée sans suite. Toutefois, Siméon N’da, en charge de la Communication du ministère de l’Environnement, de la salubrité urbaine et du développement durable, joint par Anadolu, s’est voulu rassurant pour l’avenir des ex-combattants.

«  La plasturgie dans laquelle s’inscrit le projet des ex-combattants, demeurera fonctionnel. Ce n’est pas seulement les sachets plastiques qui entrent en ligne de compte. Les sachets  ne sont pas tous interdits donc la matière première sera toujours  disponible » assure-t-il.

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