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"États-Unis d'Europe" : Budapest rejette le "forcing" de Bruxelles

- ⁠Cette prise de position intervient alors que la Hongrie s'est illustrée comme l'unique État membre à refuser de soutenir une déclaration conjointe de l'UE appelant au calme et au respect du droit international

Mariem Njeh  | 06.01.2026 - Mıse À Jour : 06.01.2026
"États-Unis d'Europe" : Budapest rejette le "forcing" de Bruxelles

Istanbul

AA / Istanbul / Mariem Njeh

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a réaffirmé mardi sa vision d'une « nation hongroise souveraine », marquant une rupture avec l'orientation diplomatique de l'Union européenne. Dans une déclaration partagée sur le réseau social américain X, le dirigeant a fustigé ce qu'il qualifie de « forcing de Bruxelles en faveur d'États-Unis d'Europe », plaidant pour une Union composée d'États membres forts plutôt que d'une « uniformité forcée ».

- Entre souveraineté nationale et diplomatie commune

Cette prise de position intervient alors que la Hongrie s'est illustrée comme l'unique État membre à refuser de soutenir une déclaration conjointe de l'UE, portée par la chef de la diplomatie Kaja Kallas, appelant au calme et au respect du droit international après l'intervention militaire américaine au Venezuela.

Le ministre hongrois des Affaires européennes, Janos Boka, a qualifié lundi la position des 26 autres États membres de « signe de faiblesse », affirmant qu'elle expose une « crise profonde de la politique étrangère commune de l'UE ». Selon Budapest, l'Union manque d'influence réelle et échoue à définir ses intérêts dans l'ère actuelle de la politique des grandes puissances.

- Énergie et réalisme géopolitique

Pour Viktor Orban, la souveraineté de son pays repose sur la capacité à décider de ses propres politiques étrangère, énergétique et économique. À cet égard, le Premier ministre a ouvertement salué l'intervention américaine au Venezuela, la qualifiant de « bonne nouvelle » pour les marchés de l'énergie.

« L'important pour la Hongrie est qu'avec le Venezuela, les États-Unis pourront désormais contrôler environ 40 à 50 % des réserves mondiales de pétrole », a déclaré le dirigeant hongrois, y voyant une opportunité d'améliorer la situation énergétique globale de son pays.

- Le cadre juridique : Une "Union non fédérale"

Dans une vidéo explicative publiée sur le réseau social américain X, le Premier ministre a souligné mardi que la Hongrie ne participerait à aucune structure fédérale. S'appuyant sur les traités fondateurs de l'UE qui, selon lui, « assignent la politique étrangère à la compétence nationale », il a rappelé que la Hongrie tenait fermement à ses droits de mener une politique autonome.

« Notre avenir est dans l'UE, mais avec une Hongrie qui garde le contrôle total de sa propre trajectoire », a-t-il conclu, distinguant son approche de celle d'une élite européenne qu'il qualifie de « pro-guerre et pro-ukrainienne ».

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