Mourad Belhaj
01 Octobre 2020•Mise à jour: 05 Octobre 2020
AA / Istanbul
Les appels se multiplient en Egypte pour participer, vendredi, à une manifestation contre le régime, après qu'un jeune ait été abattu par les forces de sécurité dans le sud du pays.
L'homme d'affaires et dissident égyptien, Mohammad Ali, exilé en Espagne, a appelé à ce rassemblement sur toutes les places égyptiennes, en particulier la place Tahrir au Caire, Haut lieu des manifestations de 2011, dites du "printemps arabe".
Le rassemblement a ainsi été baptisé "Vendredi de la victoire" et les activistes ont lancé le Hashtag "#_vendredi_de_la_victoire_pour_les_Égyptiens" sur Twitter, afin de sensibiliser le public à ces manifestations.
"Les manifestations sur la place Tahrir permettront de faire entendre la colère des Égyptiens dans le monde entier, contrairement aux manifestations qui peuvent avoir lieu dans les villages ou dans les faubourgs des villes", a déclaré Ali dans une vidéo publiée sur son compte Facebook.
Pendant ce temps, les autorités égyptiennes ont lancé, jeudi, une alerte sécuritaire visant à contrer les protestations annoncées.
La Fondation arabe pour le soutien à la société civile (AFSS) - une organisation humanitaire qui se consacre à l'observation des mouvements de protestation - a recensé 164 manifestations au cours desquelles des centaines de personnes ont été interpellées, dans 14 des 27 gouvernorats que compte l'Egypte, et ce du 20 au 27 septembre.
La Fondation a précisé que la raison de cette série de protestations est l'absence de participation à la prise de décision.
Un rapport publié par l'AFSS indique également que le mécontentement populaire s'explique aussi par la poursuite de la mainmise sur les partis, les syndicats et la société civile, ainsi que par la limitation de la liberté politique, la prédominance des organes de l'État sur le Parlement, le prolongement de l'emprisonnement de milliers de détenus d'opinion et la détérioration du niveau de vie.
Ali avait appelé à de vastes manifestations contre le régime, en septembre de l'année dernière, ce qui a conduit des milliers de manifestants à se rassembler dans plusieurs grandes villes pour exiger la démission du gouvernement.
Sisi est arrivé au pouvoir en Égypte en juillet 2013, à la faveur d'un coup d'État militaire qui a renversé le premier président démocratiquement élu du pays, Mohammad Morsi.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj