À Nanterre, une manifestation pour Nahel sur fond de colère après un tournant judiciaire
- Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce samedi pour réclamer justice, après une récente requalification de l’affaire.
Ile-de-France
AA / Paris / Ümit Dönmez
Une manifestation en hommage à Nahel Merzouk s'est tenue ce samedi à Nanterre, réunissant proches, militants et habitants venus dénoncer une décision judiciaire jugée insuffisante.
Le rassemblement intervient quelques semaines après un revirement majeur dans l’enquête. La cour d’appel de Versailles a requalifié les faits visant le policier auteur du tir en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », écartant la qualification initiale de meurtre retenue par les juges d’instruction en 2025.
Les participants ont exprimé leur colère face à cette évolution judiciaire, estimant qu’elle minimise la gravité des faits. Des pancartes et slogans appelant à « justice pour Nahel » étaient visibles dans le cortège, qui s'est déroulée sous la surveillance d’un dispositif policier.
L’affaire remonte au 27 juin 2023, lorsque Nahel, 17 ans, est tué lors d’un contrôle routier à Nanterre. Une vidéo amateur diffusée peu après les faits avait contredit la version initiale évoquant la légitime défense, montrant un tir à bout portant alors que le véhicule redémarrait.
La mort de l’adolescent avait déclenché plusieurs nuits d’émeutes à travers la France, révélant une crise profonde autour des relations entre une partie de la population et les forces de l’ordre. Le dossier judiciaire avait ensuite connu une accélération rare, avec la mise en examen du policier pour homicide volontaire et son placement en détention provisoire.
Le parquet de Nanterre avait requis en 2025 un procès pour meurtre, considérant que l’intention de tuer était caractérisée. Les juges d’instruction avaient suivi cette analyse en ordonnant un renvoi devant une cour d’assises, avant que la cour d’appel ne modifie cette qualification en mars 2026.
Ce revirement constitue l’un des principaux motifs de la mobilisation actuelle. Les organisateurs entendent maintenir la pression jusqu’au procès, dont la date n’est pas encore fixée, et dénoncent plus largement l’usage des armes lors de refus d’obtempérer.
Les autorités appellent de leur côté au calme, alors que le souvenir des violences urbaines de 2023 reste vif. La manifestation s'est déroulée sans incident majeur et reste étroitement suivie par les autorités.
Cette mobilisation montre que, près de trois ans après les faits, l’affaire Nahel continue de structurer le débat public en France, à la croisée des enjeux judiciaires, politiques et sociaux, dont l’issue pourrait durablement marquer les pratiques policières et la confiance envers les institutions.
