AA/Ouagadougou/Lougri Dimtalba
Mariam Sankara, veuve du père de la révolution Burkinabè, le capitaine Thomas Sankara, assassiné lors d’un coup d’Etat ayant porté Blaise Compaoré au pouvoir en octobre 1987, a estimé que l'ex-président devait répondre de ses crimes, dans une lettre dont Anadolu a eu connaissance lundi.
Sankara s’est réjouie de l’insurrection populaire qui a chassé, vendredi, l'ex- président burkinabé après 27 années de règne, «qui croyait que le Burkina lui appartenait éternellement », peut-on lire dans le texte écrit depuis Montpellier (Sud), en France, où Mariam Sankara réside depuis l’assassinat de son défunt mari.
« Je tiens à remercier les burkinabè qui ont contribué (…) à éviter le chaos politique dans lequel Blaise Compaoré et ses amis voulaient plonger le Burkina Faso», lit-on encore.
Mariam Sankara a également exhorté « les familles (des victimes de la volonté politique) à saisir la justice nationale et internationale pour que Blaise Compaoré réponde de ses crimes. »
« Non, il ne doit pas couler des jours paisibles à Yamoussoukro (Côte d'Ivoire, où il s'est réfugié). Il doit répondre de ses actes et de ses crimes de sang », soutient-elle.
« Nous devons rester mobilisés jusqu’à la victoire finale qui verra l’organisation d’élections libres, justes et transparentes. En attendant, je souscris à l’idée que la gestion de la transition doit être assurée par les civils afin que soit respecté le caractère démocratique de notre lutte », conclu Sankara.
Jeudi dernier, une marée humaine avait pris d’assaut l’Assemblée Nationale, où les parlementaires s’apprêtaient à voter une loi qui ouvrirait la voie à Blaise Compaoré pour un nouveau mandat en 2015.
La colère de la population, grandissante, a contraint dès le lendemain (vendredi), Compaoré à démissionner avant de trouver refuge en Côte d’Ivoire.
Le bilan provisoire de ce soulèvement populaire, appuyé par l’armée, fait état d’une trentaine de morts et plusieurs blessés, selon l'opposition.
« En se référant à la révolution du 4 août (1983, soit l'arrivée au pouvoir de Sankara, jusqu'en 1987) la jeunesse burkinabè a réhabilité Thomas Sankara. »
Le 15 octobre 1987,Thomas Sankara et quatorze de ses camarades, ont été tués lors d’un coup d’État puis enterrés au cimetière de Dagnoën à Ouagadougou, sans que leurs familles puissent les identifier. Depuis lors, la justice peine à donner une suite favorable à ce dossier.
L’héritage politique du leader sankariste, a été matérialisé par l’apparition, depuis 1991, de partis se réclamant de son idéal panafricain et anti-impérialiste, à l'instar de l'Union pour la renaissance/Parti sankariste (UPR/PS), fondé en 2001 par Stanislas Bénéwendé Sankara, seul parti sankariste qui était représenté au parlement burkinabé avec 4 députés sur 127 députés issus de 13 partis et formations politiques.