Venezuela : plus de 100 ''prisonniers politiques'' relâchés en une journée, selon une ONG
- les autorités vénézuéliennes ont promis un « nombre important » de remises en liberté
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Au moins 104 prisonniers politiques ont été relâchés dimanche au Venezuela, a indiqué l’ONG Foro Penal, précisant que d’autres cas restaient en cours de vérification.
« Nous avons vérifié 104 libérations de prisonniers politiques aujourd’hui. Nous continuons d’en vérifier d’autres », a écrit sur le réseau social américain X le directeur de l’organisation, Alfredo Romero, après avoir fait état d’un premier bilan d’au moins 80 libérations. Un autre responsable de l’ONG, l’avocat Gonzalo Himiob, a souligné que ce chiffre n’était pas définitif.
Ces libérations interviennent dans un contexte de pressions internationales, alors que les autorités vénézuéliennes ont promis un « nombre important » de remises en liberté depuis l’arrivée au pouvoir, le 5 janvier, de la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Le gouvernement affirme avoir relâché 626 détenus politiques depuis décembre 2025, un chiffre contesté par les ONG, Foro Penal ne comptabilisant qu’environ la moitié de ces libérations.
L’opposition et les organisations de défense des droits humains dénoncent la lenteur du processus. Des familles de détenus se rassemblent régulièrement devant les établissements pénitentiaires, parfois pendant plusieurs jours, dans l’espoir de voir leurs proches libérés.
Depuis son investiture, Delcy Rodriguez a également annoncé des accords pétroliers avec les États-Unis et engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures. Elle a appelé ce week-end à « parvenir à des accords » avec l’opposition pour rétablir la « paix » dans le pays, tout en exhortant Washington à ne pas intervenir dans la politique intérieure vénézuélienne.
Selon des ONG, environ 2 400 personnes ont été arrêtées en 2024 et 28 tuées lors de la répression des troubles ayant suivi l’élection présidentielle contestée. Plusieurs figures de l’opposition ont été libérées ces dernières semaines, mais d’autres restent détenues, dont Freddy Superlano et Juan Pablo Guanipa.
L’opposition continue de contester les résultats de la présidentielle, dénonçant des fraudes et l’absence de publication détaillée des résultats par le Conseil national électoral.
