AA / Beyrouth / Hamza Tekkin
Une source judiciaire libanaise a indiqué, mardi, que la justice a fixé, au 8 octobre prochain, la date de l’audition du journaliste syrien de la chaîne satellitaire qatarie « al-Jazeera », après que des activistes et des avocats libanais ont déposé une plainte à son encontre pour « outrage à l’armée militaire et incitation au sectarisme ».
La même source a déclaré à Anadolu que "le ministère public a examiné la plainte déposée par un groupe d’activistes et d’avocats libanais à l’encontre d’al-Kacem, présentateur de l’émission ‘A sens opposé’ sur la chaîne qatarie al-Jazeera et fixé la journée du 8 octobre pour auditionner le journaliste dans cette affaire".
La même source a mentionné une série d’accusations portées à l’encontre d’al-Kacem. Il s’agit "d’outrage à l’institution militaire libanaise, d’atteinte au prestige de l’Etat et d'incitation au sectarisme", autant de chefs d'accusation passibles de 6 mois à 3 ans d’emprisonnement selon la loi libanaise.
Al-Kacem avait diffusé, samedi dernier, sur sa page "Facebook", suivie par plus de 5 millions d’internautes, une image qualifiée "d'attentatoire à l’armée libanaise".
Il a, également, écrit en guise de commentaire, que "les réalisations de l’armée consistent à filmer des vidéos clips avec des artistes libanais et à incendier les campements des réfugiés syriens dans la localité de Ersal".
L’avocate libanaise Mey al-Khansa, qui fait partie du groupe ayant déposé la plainte, a relevé à Anadolu que cette plainte est motivée par le fait que "la chaîne al-Jazeera est devenue une tribune porte-voix du terrorisme », insistant que « la plainte ne sera pas retirée, tant que la chaîne qatarie n'a pas présenté des excuses officielles".
"Si la justice libanaise lance un mandat d’amener à l’encontre d’al-Kacem qui sera transmis à Interpol, le journaliste sera arrêté quel que soit le pays dans lequel il se trouve », a poursuivi l’avocate.
« Ceci est plausible si l’affaire suit un déroulement normal sans qu’il y ait d’interventions de la part d’Etats ou de personnalités pour clore l’affaire », a-t-elle encore dit.
Des dizaines parmi les sympathisants du « Courant Patriotique Libre », conduit par le député et ancien chef de l’armée libanaise, Michel Aoun, avaient tenté, dimanche dernier, de prendre d’assaut le Bureau de la chaine al-Jazeera dans la capitale Beyrouth, revendiquant la démission d’al-Kacem pour avoir attaqué l’armée libanaise et porté atteinte à son honneur.