AA / Benghazi (Libye ) / Moaataz al-Majbri
Les forces du général libyen à la retraite Khalifa Haftar ont accordé un ultimatum de 48 heures à compter de samedi, aux Turcs et aux Qataris pour quitter les zones de l’Est de la Libye, menaçant de prendre des mesures contre ceux qui seront capturés après l’expiration du délai imparti.
Le colonel Mohamed Hijazi, porte-parole des forces du général Haftar a indiqué dans une déclaration exclusive à l’agence Anadolu que « les ressortissants portant les nationalités turque et qatarie doivent quitter la région s’étalant du point de passage frontalier d’Emsaaed à l’Est jusqu’à la ville de Syrte à l’Ouest dans un délai de 48 heures à partir de samedi soir ».
Hijazi a menacé de « prendre les mesures qui s’imposent à l’encontre de quiconque serait arrêtée après l’expiration du délai en question », sans pour autant préciser la nature de ces mesures.
Et Hijazi de poursuivre : « La rue libyenne est en ébullition contre les Turcs et les Qataris et nous ne souhaitons pas que les ressortissants de ces deux pays soient agressés ou qu’ils subissent une réaction négative de la part de la population compte tenu de leur présence ».
Le porte-parole des forces de Haftar a justifié cette mesure par le fait d’avoir recueilli des informations « concernant des personnes qui portent ces deux nationalités et qui s’activent sur le sol libyen en tant que membres des services de renseignements », avant de s’interroger sur la « raison de la présence de citoyens turcs et qataris en Libye alors que le pays est en état de guerre ».
« Nous avons envoyé en tant qu’armée nationale libyenne une note à l’ensemble des institutions sécuritaires dans les villes de l’Est libyen pour les tenir informées de cette mise en garde afin de prendre les pesures appropriées », a conclu le porte-parole des forces du général Khalifa Hafatr.
Le ministère turc des Affaires étrangères avait demandé, dans un précédent communiqué, "aux turcs résidents en Libye de quitter ce pays si leur présence n’était pas extrêmement nécessaire".
Les forces de Haftar mènent depuis la mi-mai dernier une opération militaire baptisée « opération de la dignité » contre des groupes armées qu’elles qualifient de « terroristes liés à l’état-major de l’armée libyenne à Benghazi », tandis que des parties gouvernementales considèrent ce mouvement comme « un coup d’état contre la légitimité ».