Ukraine: la centrale de Tchernobyl tombée aux mains des Russes
- Des responsables américains s'attendent à ce que la capitale ukrainienne, Kiev, tombe aux mains des forces russes dans les prochaines 96 heures

Kiev
AA/Kiev
Les forces russes ont pris le contrôle de la centrale nucléaire de Tchernobyl après d'âpres combats contre les forces ukrainiennes, a fait savoir jeudi, la Présidence ukrainienne.
« Après des combats acharnés, nous avons perdu le contrôle sur le site de Tchernobyl », a déclaré Mikhaïlo Podoliak, un conseiller de la Présidence.
Le conseiller du ministère de l’Intérieur ukrainien, Anton Guerachtchenko, avait annoncé plus tôt que des combats ont eu lieu près du dépôt des déchets nucléaires de la centrale de Tchernobyl, où les forces russes sont entrées depuis la Biélorussie.
« Les troupes des occupants sont entrées depuis la Biélorussie dans la zone de la centrale de Tchernobyl. Les membres de la Garde nationale qui protègent le dépôt font preuve d’une résistance obstinée », a écrit Guerachtchenko sur son compte Telegram.
La centrale nucléaire de Tchernobyl est le site du pire accident nucléaire de l'histoire en 1986.
Auparavant, le chef des armées ukrainiennes a indiqué que « quatre missiles balistiques avaient été tirés depuis la Biélorussie », en direction du sud-ouest de l’Ukraine.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a évoqué dans un tweet les batailles en cours à Tchernobyl, qualifiant ce qui se déroule dans la ville de « déclaration de guerre contre toute l’Europe ».
Dans ce même contexte, des responsables américains, cités par le magazine américain Newsweek, s’attendent « à ce que la capitale ukrainienne, Kiev, tombe aux mains des forces russes dans les prochaines 96 heures ».
* La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail