Politique

Tunisie: Le Front populaire refuse toute alliance à Ennahdha

Le Front populaire appelle Ennahdha à revoir son référentiel religieux et assorti toute alliance avec Nidaa Tounes à "la formation d'un front moderniste élargi".

25.10.2014
Tunisie: Le Front populaire refuse toute alliance à Ennahdha

AA/ Tunis/ Aymen Joumli

«Le Front populaire, coalition des partis de la Gauche, prévoit de remporter au moins vingt sièges sur les 217  du parlement tunisien, lors des législatives que vivra le pays, demain, dimanche», a annoncé le candidat du Front populaire, Lotfi Ben Aissa.

«Le Front refuse de s’associer à un gouvernement d’union nationale émanant du mouvement Ennahdha, dès lors qu’il s’agit d’un "parti non civil"», a-t-il expliqué dans une interview accordée à Anadolu.

«La position naturelle du mouvement Ennahdha est dans l’opposition, une occasion pour elle de revoir en profondeur son référentiel religieux», a-t-il fait savoir.

«Tant que ce parti n’a pas rompu avec le référentiel des Frères Musulmans, tant qu’il n’a pas avoué ses responsabilités politiques et morales dans l’assassinat de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi en 2013, la position du Front populaire sera la même», a souligné le candidat .   

Ben Aissa a appelé le mouvement Ennahdha à distinguer entre la fonction de prédication et celle politique au sein du mouvement afin qu’il soit "une partie de la solution et non du problème". 

Ben Aïssa a laissé entendre en contrepartie une «possible alliance avec le parti Nida Tounes après les élections», à condition de former «une coalition démocratique moderniste élargie et de s'accorder sur un programme socio-économique et politique pour le prochain quinquennat ».  

Ben Aissa, également candidat et tête de liste du Front populaire dans la circonscription de Tunis II, a indiqué que les indices et les sondages d’opinion laissent croire que « le Front populaire est la troisième force politique du pays, après Nida Tounes et le mouvement Ennahdha», laissant entrevoir «l'existance de nouvelles forces  qui cherchent à s’imposer sur l’échiquier politique à travers l’achat de conscience et des voix».

«D’après notre contact permanent avec les citoyens dans les quartiers populaires et huppés, une large frange de la population mise sur le Front populaire dans le prochain parlement», a-t-il souligné.   

Néanmoins, le candidat du Front populaire a émis de «sérieuses appréhensions » face au phénomène de l’éparpillement des voix en raison de la profusion partisane», mettant en garde contre «les risques d’une bipolarisation partisane entre le Nida Tounes et le mouvement Ennahda».

"Une telle tendance affectera négativement l’avenir de la vie politique en Tunisie", a-t-il encore averti.

Sur la cartographie parlementaire, Ben Aissa a indiqué que les élections législatives de 2014 feront ressortir un bipartisme imparfait, dès lors que les deux forces politiques, Nidaa Tounes et Ennahdha, n’auront pas la majorité absolue au parlement.

 
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