Politique

Tunisie : des manifestations nocturnes à Remada après la mort d’un jeune à la frontière libyenne

- Le ministère tunisien de la Défense a fait savoir que 4 véhicules ont été ciblés par les tirs de l’armée sans annoncer la mort de quiconque.

Meher Hajbi   | 09.07.2020
Tunisie : des manifestations nocturnes à Remada après la mort d’un jeune à la frontière libyenne ( Nacer Talel - Anadolu Ajansı )

Tunisia

AA - Remada (Tunisie)

Située au sud-est de la Tunisie, la ville de Remada est le théâtre de manifestations nocturnes suite à la mort d'un jeune homme dans sa voiture à la frontière libyenne. Une version démentie par les autorités tunisiennes.

Dans une déclaration accordée à Anadolu Agency, des témoins oculaires ont affirmé que les affrontement ont eu lieu en réponse au décès d’un jeune de 24 ans, expliquant que l’armée n’a pas eu recours à des balles réelles ou à du gaz lacrymogène.

Les manifestants accusent le ministère de la Défense, en l’occurrence, les soldats présents à Remada d’avoir tué le jeune tunisien.

Walid Abdelmoula, un militant de la société civile, a indiqué à Anadolu Agency que “les affrontements entre les jeunes de la région et les forces armées ont eu lieu à proximité de la caserne militaire à Remada”.

“Chaque année, des jeunes de la ville de Remada qui font du commerce à la frontière sont tués par balles. Il faut mettre fin à cela”, a-t-il appelé.

En effet, une grande partie des habitants de la ville font du commerce parallèle à la frontière avec la Libye, en raison de l'absence de moyens de subsistance suffisants dans la région où ils vivent.

De son côté, le ministère tunisien de la Défense a fait savoir que “l’armée avait détecté dans la soirée du mardi 7 juillet, des mouvements suspects. Quatre voitures ont pénétré la zone tampon frontalière en provenance du territoire libyen”.

“Les forces armées ont agit conformément aux dispositions du décret républicain n ° 230 de 2013, appelant à un usage progressif de la force avec des tirs en l’air pour les inciter à s’arrêter, toutefois, ces véhicules ont pris la fuite malgré les tirs ayant ciblé les roues”, selon le communiqué du ministère.

Dans ce contexte, les autorités militaires ont également affirmé que le tribunal militaire de première instance de Sfax a ouvert une enquête sans évoquer la mort du jeune homme de 24 ans.

Le ministère a rappelé que “les unités de l'armée nationale resteront prêtes, avec tous les moyens légaux disponibles, à répondre à toutes les tentatives visant à porter atteinte à l'intégrité et à la sécurité nationale, notamment, la contrebande, le terrorisme et les crimes organisés”.

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