Tanguy favorable à une commission d’enquête sur l’affaire Epstein et opposé aux peines automatiques d’inéligibilité
- Invité de l’émission « Questions politiques », le député du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy s'est dit favorable à une commission d'enquête sur l'affaire Epstein, comme l'a souhaité LFI
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le député du Rassemblement national (RN) de la Somme, Jean-Philippe Tanguy a abordé dimanche, plusieurs sujets qui alimentent l’actualité politique française.
Invité de l’émission « Questions politiques » sur France Inter, l’élu du Rassemblement national (RN) a notamment donné son avis sur des questions d’intérêt telles que la demande d’une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein, les liens entre Marine Le Pen et un diplomate cité dans ce dossier, la proposition d’Emmanuel Macron sur l’inéligibilité des auteurs de propos racistes ou antisémites, ainsi qu’une polémique autour de la qualification politique de La France insoumise.
- Commission d’enquête sur l’affaire Epstein : « séparer le complot des faits »
Interrogé sur la demande formulée par La France insoumise (LFI) en faveur d’une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Epstein, Jean-Philippe Tanguy s’est dit « tout à fait » favorable à cette initiative.
Selon lui, une telle commission permettrait « de ne pas laisser prospérer des théories scandaleuses » et de « bien séparer ce qui relève du complot et ce qui relève des faits ». Il évoque un climat de soupçons persistant autour du dossier, qu’il juge préoccupant, notamment en raison d’un « retour d’un complotisme antisémite ».
Il estime qu’en l’absence d’initiative parlementaire, « les gens vont se poser encore plus de questions », plaidant pour un traitement transparent du dossier afin de répondre aux interrogations de l’opinion publique.
- Liens entre Marine Le Pen et un diplomate cité dans le dossier
Au cours de l’entretien, Jean-Philippe Tanguy a également été interrogé sur Olivier Collomb, ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, cité à de nombreuses reprises dans les documents liés à l’affaire Epstein. Selon des informations de presse, ce diplomate aurait rencontré Marine Le Pen et contribué à l’organisation de son déplacement au Tchad en mars 2025.
Le député RN a confirmé que ce dernier avait été consulté dans le cadre de ce voyage, le présentant comme « spécialiste du Tchad sur la place de Paris ». « Il a effectivement aidé sur ce voyage, et ça s’arrête là », a-t-il affirmé, niant toute relation suivie ou particulière.
Pour Jean-Philippe Tanguy cette collaboration est « une consultation ponctuelle », comparable à celles effectuées lors d’autres déplacements à l’étranger, notamment au Liban ou en Égypte.
- Inéligibilité pour propos racistes : rejet des peines obligatoires
Jean-Philippe Tanguy a également réagi à la proposition d’Emmanuel Macron visant à rendre inéligibles les personnes condamnées pour des actes ou propos racistes ou antisémites.
S’il affirme soutenir le principe d’une peine d’inéligibilité pour ce type de faits, il rejette en revanche toute automaticité. « Les peines obligatoires d’inéligibilité sont contraires à l’individualisation de la peine », a-t-il déclaré, invoquant un principe fondamental de l’État de droit.
Selon lui, l’appréciation doit revenir aux juges, seuls compétents pour déterminer si une inéligibilité est justifiée au regard des circonstances. « La norme dans notre État de droit, c’est qu’il n’y a pas de peine obligatoire, il y a l’appréciation individuelle de la peine », a-t-il insisté.
- Polémique sur la qualification de LFI
Enfin, interrogé sur les propos du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez qualifiant La France insoumise de parti « d’extrême gauche », le député RN a estimé que « ce n’est pas le rôle du ministère de l’Intérieur de classer les partis politiques ».
Jean-Philippe Tanguy a ainsi critiqué l’idée que l’administration puisse établir une catégorisation politique des formations partisanes, renvoyant cette appréciation au débat public et au jugement des électeurs.
Ce dimanche, le président français Emmanuel Macron s’est aligné dimanche sur la position du ministère de l’Intérieur concernant la classification de La France insoumise (LFI) dans le bloc « extrême gauche », estimant que le mouvement se situe « à l’extrême gauche ».
Les déclarations interviennent alors que le ministère français de l’Intérieur a publié début février une circulaire classant les candidats investis par LFI dans le bloc « extrême gauche » pour les élections municipales, alors qu’ils étaient jusqu’ici rattachés au bloc « gauche ».
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