AA/Dakar(Sénégal)/Serigne Diaw
Karim Wade a annoncé, ce jeudi, à la barre du Tribunal de Dakar, avoir entamé une grève de la faim pour « protester contre la violation de (ses) droits depuis près de trois ans ».
«Ce qui est en train de se passer est extrêmement grave avec la CREI (Cour de répression de l’enrichissement illicite). Mes droits sont violés depuis trois ans. Aujourd’hui, je suis dans l’impossibilité de me défendre et hier j’ai été maltraité », explique le fils de l’ancien président de la République au cours d’une nouvelle audience de son procès.
L’ancien ministre d’Etat martèle qu’il n’arrêtera sa diète que lorsqu’il sera rétabli dans ses droits ». Et il déclare qu’il va tenir le Président de la Cour, Henri Grégoire Diop, et le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall pour responsables « de tout ce qui (lui) arrivera ».
L’audience d’hier a été marquée par des incidents. Le président de la Cour a expulsé l’un des conseils de Karim Wade en l’occurrence Me Amadou Sall, une décision qui a poussé les autres avocats de la défense à bouder le procès.
Appelé à la barre, Karim fait savoir qu’il refuse de répondre sans la présence de ses avocats. Le président de la Cour décide alors de l’obliger à se présenter. C’est à ce moment que le prévenu a été plaqué au sol, menotté et amené à la barre.
Karim affirme avoir été « agressé et blessé » au genou. Ce matin, il s’est présenté à la barre en boitillant.
Karim Wade est en prison depuis avril 2013. Son procès a été ouvert le 31 juillet dernier puis suspendu le 11 novembre dernier suite au limogeage du procureur spécial, Alioune Ndao, qui était chargé du dossier, avant de reprendre le premier décembre 2014.
Le fils de l’ex-président sénégalais Abdoulye Wade a toujours refusé de répondre aux questions de la CREI, estimant que ce procès était «politique».
Wade-fils est poursuivi pour enrichissement illicite. Il doit justifier environs 225 millions de dollars (117 milliards de Fcfa) d’avoirs. S’il est reconnu coupable, il risque entre 5 ans et 20 ans.