AA/New York/Mohamed Tarek
Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné l'escalade de la violence au Soudan du Sud, exhortant les parties en conflit à s’engager dans le processus de paix, « sous peine de sanctions contre ceux qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité » dans le pays.
Le Conseil de sécurité a affirmé dimanche soir, dans un communiqué, condamner « les actes de violence perpétrés à grande échelle par les forces du gouvernement Soudan du Sud, dans la province d'Unité (ouest), incitant plus de 100 mille civils à se déplacer, et empêchant les organisations humanitaires de secourir près de 300 mille autres dans les zones touchées ».
Le Conseil a également condamné « la violente attaque menée le 16 mais par l'Armée populaire de libération du Soudan (forces de l'opposition), dans la ville de Malakal, dans l'Etat du Haut Nil ».
L’organe de l’ONU a exprimé «sa profonde préoccupation au sujet des répercussions de la violence et de l'insécurité croissante, poussant plus de 50 mille exilés de l’intérieur à se réfugier au camp de la Mission des Nations Unies du Sud Soudan (MINUS) dans la ville de Bentiu (capitale de l'État d'Unité), et 25 mille autres au camp à Malakal ».
Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur ferme condamnation des violations répétées des forces gouvernementales et de l'Armée populaire de libération du Soudan, commises en violation de l'accord de cessation des hostilités conclu le 23 janvier 2014.
Le Conseil a appelé « toutes les parties à s’engager dans le processus de paix dirigé par l'Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l'Est (IGAD), pour trouver une solution politique à la crise, et à mettre un terme au conflit », qui a éclaté depuis la mi-décembre 2013.
Les membres du Conseil se sont également déclarés « prêts à imposer des sanctions contre ceux qui menacent la paix, la sécurité et la stabilité dans le Sud-Soudan, comme stipulé dans la résolution 2206 (2015) ». Ils ont par ailleurs appelé les parties au conflit à mettre fin à « l'intimidation et au harcèlement à l’encontre du personnel de mission et des travailleurs humanitaires, et à lever les restrictions sur la liberté de mouvement ».
Il n'a pas été possible d'obtenir dans l’immédiat de commentaires de la part du gouvernement de Juba, et des forces de l'opposition armée à ce sujet.
Le Soudan du Sud qui a acquis son indépendance, en se séparant du Soudan en 2011, a sombré dans le chaos en décembre dernier, lorsque le président sud-soudanais, Salva Kiir, a accusé le vice-président limogé, Riek Machar, d’avoir orchestré une tentative de coup d’Etat contre lui.
Des milliers de Sud-soudanais ont depuis perdu la vie dans le conflit, tandis qu’environ 1,7 million autres ont été déplacés.