Politique

Rhône : la préfète porte plainte après des menaces liées à la construction de logements sociaux

- Fabienne Buccio a saisi la justice pour « menaces de mort » et « injures racistes » après un message publié sur le réseau X par le militant d’extrême droite Damien Rieu, l’accusant d’« imposer » des HLM à plusieurs communes du département

Serap Doğansoy  | 02.03.2026 - Mıse À Jour : 02.03.2026
Rhône : la préfète porte plainte après des menaces liées à la construction de logements sociaux

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a porté plainte pour « menaces de mort », « injures publiques » et « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique » après la publication, le 3 janvier sur le réseau social américain X, d’un message du militant d’extrême droite Damien Rieu, lui reprochant d’« imposer » la construction de logements sociaux à plusieurs communes du département, a indiqué la préfecture.

La plainte, déposée le 14 janvier, vise « X se disant Damien Rieu et autres », selon la même source. Elle concerne également des dizaines d’auteurs de commentaires publiés sous pseudonyme, accusés d’avoir relayé ou accompagné le message de propos qualifiés de haineux.

Dans sa publication, le militant, suivi par près de 320.000 abonnés sur la plateforme, qualifiait la préfète d’« extrême gauchiste » et l’accusait de « forcer » des « communes préservées » à « construire des HLM » (habitations à loyer modéré, logements sociaux destinés aux ménages aux revenus modestes). Des internautes ont ensuite publié des messages évoquant notamment des « représailles » ou une « guerre civile », ainsi que des injures à caractère racial, selon la préfecture.

La plainte vise des faits de « menaces de mort », d’« outrage à personne dépositaire de l’autorité publique en raison de la race, l’ethnie, la nation ou la religion », ainsi que d’« injures publiques » et de « diffamation ». Aucune précision n’a été donnée à ce stade sur l’avancement de la procédure judiciaire.

Cette affaire intervient dans le contexte de décisions prises par la représentante de l’État en matière de logement social. Le 1er janvier 2024, la préfète avait retiré à sept communes du Rhône la compétence d’instruire et de signer les permis de construire, estimant que leurs maires ne respectaient pas leurs obligations en matière de logements sociaux.

La loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) impose aux communes de disposer de 20 à 25 % de logements sociaux, selon leur taille. En cas de manquement, les préfets peuvent prononcer des pénalités financières. Le retrait de la compétence d’attribution des permis de construire constitue une mesure plus rare.

En 2024, sept des 21 communes du Rhône soumises à ces obligations n’atteignaient pas les objectifs légaux, principalement dans la périphérie lyonnaise. Selon la préfecture, les décisions prises ont conduit à un volume de logements sociaux engagés supérieur aux prévisions initiales des municipalités concernées.



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