AA/ Kinshasa/ Héritier Maila
Cinq jours après le démarrage des consultations politiques lancées par le président congolais (RDC) Joseph Kabila, une large partie de l’opposition continue à bouder le dialogue.
« Nous ne nous attendons pas à de telles rencontres. Nous nous attendons à un dialogue direct, conformément à l’accord cadre d’Addis Abeba, c’est-à-dire un dialogue sous la médiation de la communauté internationale. Nos revendications sont déjà connues, je ne vois pas pourquoi nous irons encore nous présenter au Palais de la Nation», a déclaré samedi à Anadolu Gerard Kakonge, Secrétaire Général Adjoint de l'Union pour la démocratie et le progrès social « Udps».
Les partis de l’opposition qui ont accepté de prendre part à ses consultations véhiculent, quant à eux, un discours nationaliste.
« L’opposition nationaliste est contre la main tendue à l’extérieur. Nous ne pensons pas que la politique congolaise doit être conçue dans les ambassades. Comment refuser l’invitation du Président Kabila et préférer aller parler des problèmes congolais à l’étranger. Nous devons savoir résoudre nous-mêmes nos problèmes, c’est alors que les autres vont nous respecter », a confié à la presse Steve Mbikayi, président du parti des travailleurs "PT", une des formations politiques qui ont accepté de prendre part aux consultations.
Les principaux partis de l’opposition à savoir l’Udps, le Mouvement pour la Libération du Congo « MLC » et l’ Union pour la Nation Congolaise « UNC » ont refusé de participer aux consultations initiées par le président Kabila estimant qu’elles sont « inopportunes ».
Le Rassemblement congolais pour la démocratie « RCD », le Mouvement pour le renouveau « MPR » et Le Parti travailliste «PT », trois petites formations d'opposition, ont, quant à eux, accepté l'invitation lancée par le président Joseph Kabila.
Les principaux partis de l’opposition sont, au demeurant, restés fermes sur leur refus d'entamer un nouveau dialogue avec le président sans la présence de la médiation internationale, représentée par la Mission des Nations unies pour la stabilisation au Congo « Monusco».
Pour eux, la priorité est de résoudre les problèmes liés au calendrier électoral. Des prérogatives qui reviennent à la Commission électorale indépendante et non au président, arguent-ils.
Kinshasa a été secouée ces derniers temps de violences et d’un climat politique délétère. L’opposition a revendiqué à la Commission électorale (CENI) le report des élections locales, municipales et urbaines, après la présidentielle de 2016, ainsi que l’organisation d’une nouvelle opération d’enrôlement afin d’inclure les personnes majeures depuis 2011 dans le fichier électoral.
Elle a, en outre, prôné l’organisation de l’élection présidentielle sans le chef de l’Etat actuel Joseph Kabila, vu que la constitution congolaise limite à deux le nombre des mandats. Ces revendications sont restée lettre morte. L’opposition ne compte pas baisser les bras.