AA/Kinshasa/Héritier Maila
L'opposition congolaise a déclaré, lundi, qu'elle boycottera la session extraordinaire parlementaire sur la répartition des sièges lors des élections locales d'octobre prochain, menaçant d'appeler le peuple à descendre dans la rue.
Cette session extraordinaire, prévue à partir du 1er juillet, pour examiner le projet de loi sur la répartition de sièges lors des prochaines élections locales, a été annoncée la semaine dernière à l’issue d'une rencontre entre le président Joseph Kabila et les députés, également boycottée par l'opposition.
Estimant qu'il s'agit d'une nouvelle manoeuvre pour retarder la présidentielle et prolonger, ainsi, le mandat de Kabila, au pouvoir depuis 2006, l'opposition a annoncé qu'elle ne participera pas à cette session extraordinaire et menacé d'appeler le peuple à descendre dans la rue comme elle l'a fait en janvier pour contester le projet de la loi électorale.
"Nous n'accepterons jamais une manoeuvre qui permettra une prolongation du mandat du président Kabila. Les élections municipales vont retarder l'élection présidentielle surtout qu'un problème de financement se pose. Le peu d'argent dont nous disposons devrait, plutôt, être consacré à la présidentielle, les élections locales seront organisées en 2017. Sinon le scénario de janvier va se répéter et le peuple sera de nouveau dans la rue. Aucun dépassement du délai du mandat présidentiel ne sera accepté. ", a confié, lundi, à Anadolu Fabien Mutomb, vice-président du groupe parlementaire, Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS et alliés (opposition).
Contacté par Anadolu, le rapporteur du Sénat, Modeste Mutinga a, pour sa part, souligné que" toutes les élections sont importantes" ajoutant "Nous allons nous réunir pour doter la République de toutes les lois nécessaires pour organiser les élections. il faudra attendre la réunion de ce mardi qui rassemblera les bureaux de deux chambres pour se mettre d'accord sur la manière dont la session extraordinaire sera organisée".
Le président de la RDC, Joseph Kabila a entamé depuis le début du mois de juin des concertations avec les différentes parties congolaises autour des élections afin de "préparer un terrain favorable à des élections apaisées" a-t-il affirmé.
Des concertations qui divisent les Congolais dont certains pensent que c'est "une étape essentielle pour des élections «apaisées», alors que d'autres , notamment une large partie de l'opposition, estiment qu'il s'agit "d'un moyen déguisé pour favoriser le maintien au pouvoir de Kabila et de sa famille politique".
La Commission nationale indépendante (Céni) prévoit une série d’élections (locales, provinciales, sénatoriales…) qui commenceront en octobre 2015 et s’achèveront en novembre 2016 avec les législatives et la présidentielle.