AA/Katanga/Héritier Maila
A une journée, seulement, du démarrage du dépôt des candidatures pour les élections municipales en RDC, la question du calendrier électoral continue à diviser les différents acteurs de la scène politique congolaise,
Si la Majorité au pouvoir se dit prête pour les municipales, l’opposition demande, de son côté, le report de ces élections au moment où la société civile relève un manque de moyens finacier pour organiser ces élections étant donné que durant la même période devrait également se faire le nouveau découpage territorial.
L’opposition a appelé dans un communiqué publié, lundi, la Commission Electorale Nationale Indépendante( CENI) à revoir le calendrier électoral en fixant la date des législatives et de la présidentielle à 2016 et le reste des élections en 2017.
«Nous n’allons pas déposer nos candidatures. L’opposition et la Majorité doivent se mettre autour d’une même table pour trouver un consensus autour de la question de calendrier électoral", spécifie le communiqué de l'opposition.
Eddy Tshipeng, porte parole de l’Opposition politique au Katanga (Sud-est), relève dans une déclaration à Anadolu que beaucoup de problèmes persistent:" Nous ne sommes pas d’accord avec le fichier électoral hérité de 2011. Nous voulons que la CENI actualise son fichier en prenant en compte les nouvelles données démographique, car cela fait 5 ans que ce fichier électoral existe. Pour qu’il y ait des élections dans un contexte apaisé, nous demandons que les acteurs politiques organisent au plus tard le 20 avril une table ronde de consensus électoral dans laquelle la CENI recueillera les avis des uns et des autres sachant que dans le contexte actuel, on ne peut pas aller aux élections".
La Majorité au pouvoir qualifie, de son côté, cette position de l’opposition "de fuite en avant" et estime, tel que déclaré à Anadolu par Deogracias Mirindi, membre du bureau politique de la majorité présidentielle que "l’opposition n’est pas prête pour les élections. L’heure n’est plus aux discussions car le calendrier électoral a déjà été publié, toutes les parties doivent s'y conformer".
"C’est au gouvernement que revient la mission de préparer l’organisation des élections et à ce jour, c’est chose faite. Nous n’avons pas besoin de polémiques stériles qui ne nous avancerons pas. Le temps que l’opposition attend, nous nous préparons pour déposer nos candidatures et nous allons gagner, puis on va crier à la tricherie, si l’opposition n’est pas prête pour les élections, qu’on nous le dise" a-t-il, encore, ajouté.
La Société Civile appelle, de son côté, au dialogue et exige la publication par la Ceni d’un "calendrier réaliste qui prend en compte les moyens financiers disponibles".
Contacté par Anadolu, le directeur général de l’Institut de Recherche en Droits Humains, Maitre Hubert Tshiswaka, estime qu’il y a une "superposition des tâches" expliquant que "durant la même période on doit procéder à l’installation des animateurs des nouvelles provinces, fait qui nécessitera beaucoup de moyens et en même temps organiser des élections. Si on veut être réalistes on ne peut prétendre pouvoir réussir les deux opérations et on ne peut que opter pour une révision du calendrier électoral".
La CENI confirme, quant à elle, le démarrage du dépôt des candidatures le15 avril estimant qu’elle ne peut s'engager dans les discussions des politiques : "je confirme que c’est bien le15 avril que nous ouvrons nos bureaux pour réceptionner les candidatures pour les éléctions. Nos bureaux seront ouverts à cet effet pendant 21 jours et au delà des délais impartis nous ne recevrons aucune candidature" a déclaré à Anadolu, Mamie Mukulumoya, Secrétaire Exécutif de la CENI au Katanga.
C’est dans ce climat que se prépare les législatives provinciales au Katanga, dont l’élection proprement dite est fixée en octobre 2015, le refus de l’opposition de déposer les candidatures peut bloquer la machine.