AA/ Nord-Kivu/ RDC
Au moins 184 civils ont été tués et plusieurs autres ont été blessés à Béni (Nord-Kivu en RDC), depuis le début des massacres par les rebelles ougandais (ADF) en octobre 2014, selon Human Rights Watch (HRW).
Dans un communiqué publié sur son site officiel mardi, HRW note que les meurtres commis par les ADF constituent des «crimes de guerre». L’Organisation humanitaire indique dans le même communiqué que les rebelles «ont méthodiquement tué des civils à coups de hache, de machette et par balles».
De ce point de vue, Ida Sawyer, chercheuse senior sur la RD Congo à Human Rights Watch, a déclaré que «des attaques de grande ampleur menées quasiment une fois par semaine par des rebelles terrorisent les résidents de Beni, qui ne savent pas où se tourner pour obtenir une protection». D’où l’impératif, selon elle, de «coordonner les efforts des forces des Nations Unies et de la RD Congo » afin d’«améliorer la protection des civils à Béni».
Les rebelles des ADF rejoints par des Ougandais et des Congolais, sont responsables de plusieurs dizaines d’enlèvements au cours des dernières années. Des civils qui avaient été précédemment détenus dans des camps des ADF ont indiqué avoir vu "des meurtres par crucifixion, des exécutions de captifs ayant tenté de s’échapper et des personnes avec la bouche cousue pour avoir prétendument menti à leurs ravisseurs".
Selon de hauts responsables des Nations Unies et de l’armée congolaise, les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe rebelle d’origine ougandaise qui est actif sur le territoire de Béni depuis 1996 auraient coordonné avec des combattants d’autres groupes armés avant de passer à l’acte.
Certains prisonniers accusés de « mauvaise conduite étaient maintenus dans des trous ou dans un coffre renforcé avec des clous pendant plusieurs jours ou pendant plus d’une semaine. Les attaquants ont aussi violé des femmes et les ont forcées à devenir leurs épouses. », selon des témoignages recueillis par HRW.
En janvier dernier, l’armée congolaise a officiellement lancé une nouvelle phase d’opérations militaires contre les ADF. Un contingent de 3 000 hommes a été créé au sein de la mission de maintien de la paix de l’ONU en RDC « Monusco », au milieu de l’année 2013, pour mener des opérations militaires contre les groupes armés. Mais, faute d’assistance logistique « appropriée» de la part de la « Monusco », les opérations n’étaient pas très efficaces.