AA/ Tunis
Au moins 34 civils ont été tués dans une nouvelle attaque imputée aux rebelles ougandais de l'ADF-Nalu (Forces démocratiques alliées – Armée Nationale pour la libération de l’Ouganda) dans le territoire de Béni (Nord-Kivu), a déclaré dimanche à Anadolu Omar Kavota, porte-parole de la Société Civile du Nord-Kivu (Nord-Est de la République Démocratique du Congo-RDC).
Le bilan pourrait s'alourdir à mesure que l'opération de découverte des corps se poursuit, selon Kavota, par ailleurs vice-président de la Société civile, joint au téléphone par Anadolu.
Le massacre a été perpétré "à la machette" dans deux localités situées à une quarantaine de kilomètres de la ville de Béni, samedi soir.
«Les terroristes se sont introduits chez le chef d'un de ces villages isolés et ont incendié sa maison. Lui, son épouse et ses enfants ont été brûlés vifs. » a poursuivi Kavota qui n'a pas fourni une estimation quant au nombre des assaillants.
Ce nouveau massacre qui a provoqué une nouvelle vague de départ des petites localités vers la ville de Béni, porte à plus de 250 le nombre de tués dans cette région ces deux derniers mois.
Pour Omar Kavota, le but recherché par ces rebelles, dont la relation avec les Shebabs somaliens avait été soulignée par Kinshasa et Kampala, est "la déstabilisation de la zone pour accroître le sentiment d'insécurité chez la population et la pousser à s'insurger contre Kinshasa et la MONUSCO" (force onusienne en RDC).
"La population aura besoin d'un libérateur pour remplacer les autorités congolaises et la MONUSCO qui auront ainsi échoué. Ces assassins vont alors se présenter sous une autre casquette" analyse l'avocat qui rapproche cette stratégie de celle opérée par d'autres groupes de rébellion, à l'instar du Mouvement du 23 Mars (M23), nés dans le contexte de la guerre qu'a connue le pays (1998-2003) et à la faveur de crises régionales, comme le génocide rwandais (1994).
Constitué dans les années 1990 contre le régime de Yoweri Museveni, à la tête de l'Ouganda depuis 1986, l'ADF-Nalu est un groupe adoptant une lecture radicale de l'islam et comprend aussi des éléments congolais. Il a été classé organisation terroriste, notamment par le Conseil de sécurité des Nations-Unies, le 30 juin dernier.
La géographie forestière et montagneuse du Nord-Kivu lui a servi de plateforme pour mener à bien des activités contre le régime ougandais, auxquelles il ne s'est pas astreint, en se lançant dans de nombreuses opérations de trafic, dont celui du bois, abondant dans cette région.