AA/ Kinshasa/ Heritier Maila
Dans le Sud-est de la RDC, plus précisément dans la province du Katanga, s’offre un modèle attrayant de cohabitation pacifique entre musulmans et chrétiens. Les premiers jouent même les bons offices dans certains conflits.
Un conflit de leadership sévit, d’ailleurs, depuis quatre mois du côté de la société civile du Katanga. Deux camps se disputent le poste du porte-parole de cette structure. Il s’agit de Jean Pierre Muteba, ancien porte-parole accusé de mauvaise gestion, et Dieudonné Muzang, nouveau venu.
Après plusieurs négociations organisées par le Maire de la ville de Lubumbashi, Jean Oscar Sanguza, aucun terrain d’entente n’a été trouvé pour l’entente entre les deux belligérants. Ce qui a poussé le Maire de Lubumbashi à suspendre, en février dernier, les activités de la Société civile de la région, afin de préserver un climat de paix.
Enfin une solution trouvée: un représentant de la minorité musulmane depuis toujours pacifique et homogène et un autre de la communauté chrétienne ont été engagés par le maire pour réunir les adversaires autour de la même table et trouver une issue.
Il s’agit du Pasteur Paulin Mwewa pour la communauté chrétienne et Al Hadj Useni Ngoy pour la communauté musulmane.
« Beaucoup de gens s’étonnent du choix d’un Responsable de la Communauté musulmane. Nous ne pouvons pas nous passer des musulmans, c’est une communauté exemplaire et bien installée dans notre pays », assure le maire, dans un entretien avec Anadolu.
L’exemplarité de cette commune est illustrée, fait-il observer, par son homogénéité et sa rationalité. « Depuis que je vis à Lubumbashi, il n’y a jamais eu de problème. Contrairement au reste, aucune division n’a été constatée au sein de cette communauté. Nous avons besoin de cette expérience pour que règne la paix dans notre ville. Nous avons estimé que le Représentant de la communauté musulmane nous sera très bénéfique », confie M.Sanguza.
Bien que les musulmans ne soient pas majoritaires en RDC (10% selon des chiffres officiels) en général et au Katanga en particulier, ils font preuve de cohabitation pacifique entre les deux communautés religieuses et bénéficient d’une bonne considération.
Cet exemple de cohabitation pacifique, de tolérance et de solidarité pourrait inspirer, selon le maire de Lubumbashi, d’autres pays où vivent des chrétiens et des musulmans.
Les musulmans apprécient, pour leur part, à sa juste valeur le traitement du maire: « C’est un signe de respect pour notre communauté, que le maire, bien que chrétien, nous associe aux affaires de la commune et à la prise de décision. La communauté musulmane reste ouverte et répondra à tous les appels, au besoin », confie Al Hadj Useni, Responsable religieux de la communauté musulmane.
L’équipe de médiation s’est donné un mois pour mettre un terme au différend qui divise la société civile. Initiative saluée par les membres et les responsables de la société civile, dont Jean LuCKayoko.