AA / Bangui / Sylvestre Krock
Les mouvements armés Anti-Balaka et Séléka ont condamné et fermement nié toute implication dans la mort de la photojournaliste française Camille Lepage, dont la dépouille a été retrouvée mardi, lors d'une patrouille des forces françaises, dans le nord ouest de la RCA.
" Nous sommes pour la paix, nous voulons cette paix, par conséquent, nous ne sommes pas dans une logique d'hostilités ni d'attentats quelconque. C'est pourquoi, lorsque nous avons reçu la nouvelle de l'assassinat de Camille, notre première réaction a été l'indignation et la condamnation." a déclaré Nguitimalet, lieutenant de la Seleka, au sein du com-zone du camp Beal, l'un des trois sites de cantonnements de Bangui.
" Les autorités doivent prendre leur responsabilité de manière à ce que les coupables soient recherchés, retrouvés et punis" a-t-il soutenu.
Le responsable des renseignements de la Séléka, Abdel Fatah Mama, a affirmé pour sa part que "dans la zone où Camille a été assassiné, il n'y avait pas de Sélékas," ajoutant " qu'ils ne pouvaient pas être responsables de ce crime".
La dépouille de Camille Lepage, photojournaliste de 26 ans, a été découverte lors d’une patrouille des forces françaises Sangaris, à l’occasion d’un contrôle effectué sur un véhicule conduit par des anti-Balaka dans la région de Bouar (Ouest) près du Cameroun et du Tchad.
Les corps de 4 anti-Balaka ont également été retrouvés avec celui de la journaliste, selon une source proche des forces françaises sur place qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
Selon des éléments anti-Balaka, qui citaient des sources militaires centrafricaines, les quatre anti-Balaka et Camille Lepage auraient été victimes d’une embuscade tendue par un groupe armé
.Les forces françaises n’ont pas, de leur côté, confirmé l’embuscade.
Le porte-parole des anti-Balaka, le capitaine Emotion Namssio a soutenu, pour sa part, que "les anti-Balaka n'étaient pas responsables de ce crime".
Tout en condamnant "fermement" l'assassinat de la journaliste française, Namssio a précisé que " L'assassinat de Camille ne peut pas nous être imputé, nous la connaissions bien et nous avions travaillé avec elle à plusieurs reprises".
Namssio a ajouté que "Nous avons d’ailleurs perdu 4 de nos hommes en même temps qu’elle ».
Dans un communiqué public de l'Elysée, datant de mardi, le chef de l’Etat français François Hollande a « demandé l'envoi immédiat sur le site du drame d'une équipe française et de la police de la force africaine déployée en RCA ».
« Tous les moyens nécessaires seront mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers de notre compatriote », a assuré Hollande, toujours cité par le communiqué de la présidence.
Camille Lepage était en République Centrafricaine depuis plusieurs semaines. Dans son dernier tweet, datant du 6 mai, elle avait annoncé prendre la route avec des anti-Balaka vers Amada Gaza (à 120 km de Berberati, Sud-ouest du pays) et qu’elle avait quitté la ville, tôt le matin, pour éviter les check-point de "La Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine" (MISCA).