Hafawa Rebhi
15 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA / Beyrouth / Wassim Seifeddine
Le président libanais Michel Aoun a estimé mercredi que le Premier ministre Saad Hariri était "détenu", 12 jours après l’annonce de ce dernier de sa démission depuis la capitale saoudienne Riyad.
"Rien ne justifie que le président Hariri ne revienne pas après 12 jours. Nous le considérons donc comme étant en captivité et détenu, ce qui est contraire à la Convention de Vienne et à la Déclaration universelle des droits de l’Homme", a avancé Michel Aoun, dans un communiqué publié par son bureau.
La Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques est une convention internationale régissant les rapports diplomatiques entre États, l'immunité du personnel diplomatique, leurs droits et devoirs et l'inviolabilité des ambassades.
Le président de la République libanaise a, à cet effet, exposé ses critiques et ses doutes sur la démission de son Premier ministre. "Il n'est pas possible de se prononcer sur une démission présentée depuis l'étranger. Que Hariri revienne au Liban pour présenter sa démission, la retirer ou discuter de ses raisons et des moyens d'y faire face", a-t-il suggéré.
"Nous ne pouvons pas prolonger l'attente et la perte de temps, car il n’est pas possible d’arrêter les affaires de l'Etat", a-t-il renchéri.
Aoun s’est également adressé aux Libanais. "N'ayez pas peur, le pays est en sécurité sur les plans économique, financier et de sécurité, a-t-il dit. Les marchés fonctionnent comme il le faut. Et l'unité nationale constitue une soupape de sécurité".
Le 4 novembre, Saad Hariri avait annoncé sa démission lors d'une visite en Arabie saoudite, évoquant dans un discours télévisé "un complot pour l'assassiner", et justifiant sa décision par "la mainmise de l’Iran sur le Liban après que Hezbollah ait imposé sa politique du fait accompli avec la force de ses armes".
Aoun avait alors déclaré qu'il n'accepterait pas la démission de Hariri jusqu'à son retour au Liban pour s’expliquer sur les raisons de sa décision.
Dimanche, Hariri avait annoncé dans une interview télévisée qu'il reviendrait au Liban "dans les jours, pas les semaines ou les mois qui viennent", afin de compléter les procédures constitutionnelles de sa démission.
Mardi, deux jours après l'interview, Hariri a eu recours à Twitter pour annoncer "qu’il se portait très bien et qu’il allait revenir au Liban dans deux jours".