AA/Riyad/Ahmed Masry
Des analystes politiques s’attendent à ce que le souverain saoudien, Salman Ben Abdelaziz, évoque, vendredi, lors de sa rencontre avec le président américain Barack Obama, à Washington, les objections saoudiennes à l’égard de l’accord sur le nucléaire conclu par le groupe P5+1 avec l’Iran.
L’expert saoudien Khalil al-Khalil, ancien membre du Conseil de la Choura, a déclaré à Anadolu que «la question du nucléaire iranien constitue l’un des dossiers brûlants qui seront ouverts lors de ce sommet. Ce sujet sera examiné avec d’autant plus d’intérêt que l’Iran menace la région», a-t-il affirmé.
«Les Etats du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) ont pâti de sa [de l'Iran] politique belliqueuse, et de ses milices qui ont dépassé ses frontières» déclare al-Khalil, soulignant que «54 milices [pro-iraniennes] sont actives en Irak, tandis que les Houthis opèrent au Yémen, la milice du Hezbollah au Liban, ainsi que d’autres encore, en Syrie».
L’analyste saoudien a souligné que «la question du nucléaire iranien bénéficiera d’une attention particulière, surtout dans les circonstances actuelles». Il a expliqué : «l'Arabie saoudite et les États de la région ont deux exigences, la première est que l'Iran reste à l’intérieur de ses frontières, respecte ses engagements et cesse de soutenir les milices. La deuxième vise la limitation de ses capacités nucléaires pour l’empêcher de parvenir à élaborer une arme nucléaire ».
De son côté, Khalid al-Dakhil, un analyste politique saoudien reconnu, déclare à Anadolu, que «le Royaume n'a pas d'objections techniques sur l'accord nucléaire». Mais le problème, selon lui, réside dans les garanties du respect de l’accord en question. Al-Dakhil a, d’autre part, relevé les répercussions politiques de l’accord, qui ont conduit au retrait de l’administration d’Obama de la crise en Syrie, qui a été, à ses dires, «abandonnée à l’Iran».
L’expert a ajouté, que «Téhéran soutient le terrorisme dans la région, et mène des guerres par procuration, par le biais de ses milices».
«C’est une bonne chose que l’accord interdise à l’Iran de développer l'arme nucléaire» a-t-il souligné, relevant, cependant «le silence effrayant au sujet du rôle qu'il [l'Iran] joue dans la propagation du sectarisme dans la région».
Al-Dakhil a déclaré que «l’Arabie Saoudite devrait se préparer aux aventures iraniennes, et proposer un projet opposé au sectarisme et au rôle de l'Iran». A cet égard, il a considéré que le Royaume devrait «collaborer avec l'Egypte et la Turquie, pour un projet régional opposé au sectarisme, et à l’extrémisme, et en faveur du concept d’Etat et de citoyenneté», se déclarant convaincu qu’une telle initiative permettrait de «torpiller les velléités iraniennes».
«L'administration américaine doit comprendre que l’accord conclu en ces termes, dessert la région, et les Etats-Unis, à moyen terme» a-t-il dit, se déclarant persuadé que «les objections de l’Arabie Saoudite à l’égard de l'accord sur le nucléaire, parviendront à l'administration américaine, lors du sommet [entre les deux chefs d'Etats]».
La Maison Blanche avait annoncé jeudi dernier, que le Président Barack Obama recevra, le Roi saoudien Salman Ben Abdelaziz, le vendredi 4 septembre. Le communiqué de la Maison Blanche, avait précisé que les deux dirigeants «s’entretiendront des questions régionales dont le conflit au Yémen et en Syrie ainsi que des moyens de contrecarrer les agissements iraniens qui menacent la stabilité ».