Ile-de-France
AA / Paris / Ümit Dönmez
La justice française s’inquiète de possibles interférences politiques américaines à quelques jours du procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national.
Cité par Public Sénat, le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a dénoncé cette semaine une « ingérence inacceptable et intolérable » après la publication d’un article de Der Spiegel. L’hebdomadaire allemand rapporte que l’administration Trump aurait envisagé des sanctions contre les magistrats ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier pour détournement de fonds publics européens. Elle avait alors écopé de quatre ans de prison, dont deux fermes, et de cinq ans d’inéligibilité. Onze autres prévenus, ainsi que le parti en tant que personne morale, seront rejugés à partir du 13 janvier à Paris.
Peimane Ghaleh-Marzban a évoqué le précédent des sanctions américaines contre des juges de la Cour pénale internationale, dont le magistrat français Nicolas Guillou, visé depuis août pour son rôle dans le mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahu. Selon le président du tribunal, il est devenu impératif de « nous élever contre la possibilité même que cela puisse être imaginé ».
Le président desÉtats-Unis Donald Trump lui-même avait comparé la condamnation de Marine Le Pen à ses propres affaires judiciaires, dénonçant une « chasse aux sorcières » et appelant à sa « libération ».
Le Rassemblement National, de son côté, a dénoncé une information « hautement spéculative ». Dans un communiqué publié le 7 janvier, le parti souligne que l’article du Spiegel s’appuie sur des sources anonymes et non officielles. Il affirme rester attaché à l’indépendance de la justice et rappelle s’être opposé aux sanctions américaines visant des magistrats de la CPI.
