Politique

Procès de Marine Le Pen pour injure radicale : Son avocat invoque une « réponse politique »

- Devant le tribunal,Yasmine Ouirhrane, qui la poursuivait pour injure radicale, a dénoncé une stigmatisation violente fondée sur son apparence et non sur ses convictions, évoquant même des menaces de mort

Ben Amed Azize Zougmore  | 10.11.2025 - Mıse À Jour : 11.11.2025
Procès de Marine Le Pen pour injure radicale : Son avocat invoque une « réponse politique »

Istanbul

AA / Ben Amed Azize Zougmore

L’ancienne présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, était jugée ce lundi 10 novembre pour injures publiques envers une étudiante italienne, Yasmine Ouirhrane, à la suite d’un message publié sur le réseau social américain X (anciennement Twitter) en 2019.

Devant le tribunal, la jeune femme, qui la poursuivait pour injure radicale, a dénoncé une stigmatisation violente fondée sur son apparence et non sur ses convictions.

« Quand j’ai porté ce voile, je ne suis pas partie en Syrie, mais à Bruxelles pour appeler à la paix », assure Yasmine Ouirhrane, rappelant son engagement pour « le dialogue interculturel », « la paix », « l’égalité des chances » et « contre la radicalisation ».

Elle avoue également n’avoir “jamais parlé publiquement du foulard” qui relève pour elle des « choix intimes ».

Dans son témoignage, la jeune femme, maintenant responsable de vente dans une entreprise de la tech, dit avoir même été “comparée à Daech”, poursuivant « j’avais peur qu’on retrouve mon adresse et qu’on me fasse du mal parce que j’ai reçu des menaces de mort. »

Son avocate, Ilana Soskin, a quant à elle soutenu que Yasmine Ouirhrane avait bien fait l’objet d’une « attaque » ciblée de Marine Le Pen. N’hésitant pas à qualifier celle-ci (Marine Le Pen) de “danger”, l’avocate estime que le “Rassemblement national ne porte de rassembleur que son nom : il divise, il met les gens dans des cases".

De son côté, la cheffe des député·es du Rassemblement national (RN), était absente au procès. Son avocat a évoqué une « réponse politique » à « un tweet politique » s’inscrivant dans « un débat de nature politique ». Il a par ailleurs réclamé la relaxe de Marine Le Pen dont le jugement est attendu le 20 janvier 2026.

Pour rappel, les faits remontent à mars 2019, lorsque Yasmine Ouirhrane, alors âgée de 23 ans et étudiante en relations internationales à Sciences Po Bordeaux, reçoit le prix de la « Jeune Européenne de l’année », décerné par la fondation Schwarzkopf, en partie financée par des fonds européens, pour son engagement en faveur de l’égalité hommes-femmes et de l’intégration des migrants.

Sur une photo postée pour célébrer cette distinction, la jeune femme d’origine marocaine apparaît avec un foulard jaune couvrant ses cheveux et tenant le drapeau européen. Marine Le Pen commente alors la publication : « L’Union européenne assume ses choix. Le 26 mai, c’est vous qui devrez choisir ! Pour nous, la promotion de l’islam radical, c’est NON !! »

Ce nouveau procès intervient alors que la figure du RN, déjà confrontée à plusieurs affaires judiciaires liées à ses déclarations publiques, continue de dénoncer ce qu’elle qualifie de « judiciarisation du débat politique ».


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