Premier tour des municipales 2026 en France : les résultats des partis et les premières tendances ville par ville
- LFI en tête dans plusieurs villes, le RN maintient ses bastions, le PS et Horizons face à des situations contrastées, et Renaissance et EELV réalisent des percées partielles
Istanbul
AA / Istanbul / Adama Bamba
Selon les données partielles consultées ce lundi à 02h27 (01h27 GMT), les résultats du premier tour des municipales 2026 commencent à se dessiner de manière claire et détaillée, commune par commune. Plusieurs enseignements se dégagent d’ores et déjà sur l’état du paysage politique français à l’issue de cette première étape.
Paris : Emmanuel Grégoire largement en tête devant Rachida Dati au premier tour
À Paris, Emmanuel Grégoire (PS-PCF-Écologistes) est arrivé en tête du premier tour des municipales 2026 avec 37,5% des voix, selon les premières estimations Elabe Berger-Levrault pour BFMTV.
La liste de Rachida Dati (LR-Modem) est distancée avec 24,7% des suffrages. La députée Sophia Chikirou (LFI) se classe troisième avec 12,1%, tandis que Pierre-Yves Bournazel obtient 11,6%.
Sarah Knafo apparaît, selon les estimations, en incapacité de se qualifier pour le second tour, créditée de 9,6% des voix exprimées.
Cette configuration laisse présager un second tour très ouvert, où d’éventuelles fusions ou désistements pourraient s’avérer déterminants pour l’attribution de la mairie de la capitale.
- La France insoumise : percée dans plusieurs grandes villes
Après plusieurs semaines de polémiques autour de la prononciation par Jean-Luc Mélenchon de noms de personnalités locales, La France insoumise peut souffler. À Roubaix, le député David Guiraud est largement en tête avec 46,5%, laissant entrevoir la possibilité que cette ville devienne l’une des plus grandes communes dirigées par le mouvement.
Autre succès notable : Saint-Denis, deuxième ville d’Île-de-France après Paris, tombe aux mains des insoumis après le mandat de Mathieu Hanotin. À Limoges, le député insoumis Damien Maudet se qualifie largement au second tour (24,23%) face au candidat LR Guillaume Guérin (26,8%), tandis que le PS se limite à 17,3% des suffrages.
BFMTV avait rapporté que le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a rappelé dimanche soir qu’il n’y aurait pas d’accord national entre le PS et LFI, mais a laissé la porte ouverte à des fusions locales, y compris éventuellement à Paris. À Paris, la députée Sophia Chikirou obtient 12,10%, presque le double de la candidate de 2020 Danielle Simmonet. Elle a annoncé qu’elle se maintiendrait au second tour en cas de refus d’Emmanuel Grégoire (PS) de fusionner.
À Marseille, le député LFI Sébastien Delogu, avec 12,3%, pourrait jouer un rôle décisif en soutenant le maire sortant Benoît Payan, plaidant pour la constitution d’un « front antifasciste » dans la cité phocéenne.
- Rassemblement National : maintien des bastions et percées possibles
Le Rassemblement National, dirigé par Jordan Bardella, confirme ses positions dans ses villes historiques : Perpignan avec Louis Aliot (51,4%), Hénin-Beaumont avec Steeve Briois, et Beaucaire avec David Rachline.
À Marseille, le RN pourrait remporter une victoire surprise : Franck Allisio obtient 34,3% des voix, proche du maire sortant Benoît Payan (36,8%). Si les électeurs de Martine Vassal (LR) le soutiennent au second tour, il pourrait l’emporter. À Nice, Éric Ciotti (41%) est bien placé pour battre Christian Estrosi (31,8%). En revanche, à Toulon, la députée RN Laure Lavalette, bien que leader au premier tour, pourrait être contrainte par l’addition des voix de ses adversaires à reculer.
- Parti Socialiste : tête à Paris et Lille, fragilité ailleurs
Le PS réalise de bons scores à Paris avec Emmanuel Grégoire (37,5%) et à Montpellier avec le maire sortant Michaël Delafosse (32,8%). À Nantes, la maire sortante Johanna Rolland (35%) est talonnée par Foulques Chombart de Lauwe (33,1%) et par LFI (12%), rendant le second tour incertain.
- Horizons : Édouard Philippe rassuré, Estrosi en difficulté
Édouard Philippe, maire du Havre, est en tête avec 43,76%, mais le sort des électeurs RN (15%) reste une inconnue. À Paris, Pierre-Yves Bournazel (11,6%) pourrait devenir faiseur de roi dans la lutte entre Rachida Dati et Emmanuel Grégoire. À Nice, Christian Estrosi est en difficulté face à Éric Ciotti (41,5% contre 31,8%).
- Les Républicains : bonne implantation mais difficulté dans les grandes villes
Le président du Les Républicains, Bruno Retailleau, rappelle la force territoriale de son parti. Toutefois, à Paris, Marseille et Nîmes, les candidats LR sont largement distancés par le PS, le RN et les communistes.
- Renaissance : quelques succès locaux
Renaissance enregistre quelques bonnes surprises malgré ses ambitions limitées, notamment à Annecy avec Antoine Armand en tête et à Pau avec François Bayrou réélu largement. À Lille et Lyon, le parti rencontre plus de difficultés.
- Europe-Écologie-Les-Verts : maintien fragile et rôle possible de faiseur de roi
Les écologistes sont en demi-teinte. À Bordeaux et Lyon, les scores sont serrés avec les macronistes et LFI. À Strasbourg, Jeanne Barseghian est distancée (18,8%), et à Besançon, Anne Vignot est largement battue par le LR Ludovic Fagaut. Les Verts pourraient influencer le second tour à Lille via Stéphane Baly.
Plusieurs villes pourraient voir s’affronter 4, 5 voire 6 listes au second tour, notamment Paris, Angoulême et Poitiers. Les décisions des fusions ou des désistements détermineront le paysage final des municipales le 22 mars prochain.
