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Pourquoi Les Houthis ne dirigent pas le Yémen après la chute de Sanaa?

Sans s’autoproclamer «nouveaux gouvernants» de la capitale, les Houthis ont préféré maintenir les institutions de l’Etat.

06.10.2014
Pourquoi Les Houthis ne dirigent pas le Yémen après la chute de Sanaa?

AA/ Yémen/ Abdallah Douila

Quel avenir après la prise de la capitale yémenite, Sanaa, par les Houthis?

Telle est la question brûlante qui ne cesse de préoccuper une large frange de la population au Yémen, depuis que les Houthis s’étaient emparés de la capitale, Sanaa, le 21 septembre dernier.

Sans pour autant s’autoproclamer «nouveaux gouvernants» de la ville, les Houthis ont préféré maintenir «le statu quo», reconnaissant la légitimité des institutions de l’Etat où Abd Rabo Mansour Hadi demeure encore président du pays.

Prétendre que la capitale Sanaa est tombée aux mains des Houthis signifie ipso facto la chute des institutions de l’Etat.

D’où la question de savoir quelles sont les "vraies raisons" de cette chute ?  

Sans verser dans les extrapolations théoriques ou prétendre à l'exhaustivité, une lecture du contexte fait ressortir une série de raisons.

Primo, force est de rappeler que la situation politique qui prévalait dans le pays a empêché les forces de la révolution politique et militaire de s’emparer de la capitale et des institutions de l’Etat lors de la révolution de 2011.

Il a fallu attendre un an pour parvenir à un accord avec l’ancien président Ali Abdallah Salah et mettre fin à la crise avec le pouvoir.

Le même scénario s’est reproduit cette fois avec les Houthis qui refusent de s’autoproclamer «nouveaux gouvernants» de la capitale bien qu’ils aient réussi à s’emparer manu militari de la ville.

Une telle attitude justifie la signature de l’accord pour "la Paix et le partenariat" avec le gouvernement et les forces politiques du pays, accord qui ressemble à maints égards à celui présenté à l’initiative des pays du Golfe en vue de la destitution de Salah.

Aussi, Bien que les Houthis aient réussi à s’emparer militairement de la capitale, il n’en reste pas moins vrai qu’ils ne peuvent pas prendre le contrôle de tout le Yémen. Le risque de montée en puissance des aspirations sécessionnistes du Sud n’est pas écarté des calculs politiques des Houthis.

Secundo, le maintien des institutions et du système politique de l’Etat ouvrent droit à la participation des autres forces politiques du pays à l’action politique. A défaut, les forces politiques seront contraintes à porter les armes contre les Houthis pour s'exprimer politiquement.

Tertio, l’annonce par les Houthis de leur emprise sur les institutions de l’Etat pourrait ne pas avoir d’échos favorables auprès de la communauté internationale et des pays de la région.

L’économie du pays étant en berne, ce qui commande un soutien économique par les pays du Golfe et le monde entier.

Un dirigeant des Houthis, Ali Bakhiti a récemment publié un article dans lequel il met en garde son groupe contre toute tentative visant à s’emparer des institutions de l’Etat.

Une telle emprise pourrait contraindre certains pays à appuyer des groupes confessionnels bien déterminés en vue de lutter contre les chiites Houthis, par crainte de voir le Yémen se transformer en «arrière jardin de l’Iran».

Finalement, le renversement des institutions de l’Etat est une quête périlleuse qui pourrait livrer les Houthis à une «confrontation directe» avec al-Qaïda, bénéficiant d'une large assise populaire, en réaction au monopole du pouvoir par les Houthis. 

 
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