Politique

Palestine : "L'UE pourrait reconnaître l'État palestinien si Israël annexait la Cisjordanie"

- Le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg appelle à une position plus ferme de l'UE contre les plans d'annexion d'Israël qui ne sont rien d'autre que du "vol"

Mourad Belhaj   | 14.06.2020
Palestine : "L'UE pourrait reconnaître l'État palestinien si Israël annexait la Cisjordanie"

Berlin

AA / Berlin

La reconnaissance par l'Union européenne de la Palestine en tant qu'Etat deviendrait "inévitable" si Israël allait de l'avant dans son plan controversé d'annexer la Cisjordanie, a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg.

Dans une interview accordée à l'hebdomadaire allemand, Der Spiegel, Jean Asselborn a appelé à une position plus ferme de l'UE à l'égard du projet du gouvernement israélien d'annexer des parties importantes de la Cisjordanie.

"Écrire simplement des lettres de reproches serait une humiliation pour l'UE et affaiblirait considérablement sa crédibilité", a souligné Asselborn, suggérant des mesures plus fortes, telles que des sanctions économiques ou la reconnaissance de la Palestine en tant qu'État, si Israël n'abandonnait pas son plan, dont la mise en œuvre est prévue pour le 1 juillet.

"La reconnaissance de la Palestine ! Ce débat bénéficierait d’une toute nouvelle dynamique, je considère même qu'il deviendrait inévitable", a déclaré Asselborn, notant qu'une telle décision ne nécessiterait pas une décision unanime des 27 États membres.

L’État de Palestine est, jusqu'à présent, reconnu par neuf États membres de l'UE, dont la Suède, la Hongrie et la Pologne.

"Si d'autres devaient suivre, cela aurait probablement beaucoup plus d'impact que des sanctions économiques", a-t-il souligné,

Le chef de la diplomatie du Luxembourg a souligné que les plans d'Israël d'annexer la Cisjordanie ne différaient en rien de la décision de la Russie d'annexer illégalement la péninsule de Crimée, ce qui imposerait à l'UE l'adoption d'une position plus ferme.

"Je ne vois aucune différence. Une annexion est une annexion. C'est une violation flagrante du droit international", a-t-il déclaré.

Asselborn a souligné que le Conseil de sécurité des Nations Unies avait également adopté une position claire, dans plusieurs résolutions, et déclaré les colonies israéliennes illégales.

"Au Moyen-Orient, qui est fortement imprégné par la religion, on pourrait également dire qu'une annexion viole le septième des dix commandements : 'TU NE VOLERAS POINT' ! Une annexion de parties de la Cisjordanie ne serait que cela : un vol !", a-t-il insisté.

Encouragé par le prétendu "accord du siècle" du président américain, Donald Trump, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé, le mois dernier, que son gouvernement annexerait officiellement la vallée du Jourdain et toutes les colonies israéliennes de Cisjordanie.

La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est considérée comme un territoire occupé en vertu du droit international, rendant ainsi illégales toutes les colonies israéliennes qui y sont implantées - ainsi que l'annexion envisagée.

Les responsables palestiniens ont menacé d'annuler les accords bilatéraux au cas où Israël mettrait en œuvre son projet d’annexion, ce qui compromettrait davantage la solution à deux États.

*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın