AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Au moins dix-huit personnes auraient été tuées et dix autres blessées, mardi soir, lorsque des hommes armés présumés appartenir au groupe Boko Haram ont envahi le village d’Alagarno, dans l’Etat septentrional de Borno, d’après des témoins locaux.
« Pas moins de 18 personnes ont été enterrées à Alagarno » a déclaré mercredi, à l’Agence Anadolu (AA) par téléphone, Uba Sali, un fermier local ayant survécu à l’attaque.
Sali a affirmé que des combattants avaient fait irruption dans le village mardi soir, « tirant sur tout ce qui bouge » et incendiant les maisons.
« L’attaque a duré plus de deux heures. Bien-sûr plusieurs d’entre nous ont pris la fuite lorsque nous les avons vus arriver, parce que nous n’avions aucun moyen de nous défendre » a ajouté le fermier nigérian.
«Certaines des personnes tuées sont des membres d’un groupe d’autodéfense civil qui avaient engagé le combat avec eux» a par ailleurs précisé Sali, tout en faisant remarquer qu'aucun agent de la sécurité gouvernemental n’est venu sur les lieux pour repousser l’attaque.
« Ce n’est pas la première ou la seconde attaque du genre. Nous sommes sous les coups répétés d’agressions de la part de ces gens » a déploré Sali.
Un agent de police souhaitant ne pas être nommé a confirmé l’attaque du village d’Alagarno.
« Aucune personne raisonnable ne mettrait au défi des terroristes équipés d’armes sophistiquées, lorsque tout ce qu’elle possède est une Kalashnikov qui peut s’enrayer au dernier moment » a-t-il déclaré à Anadolu.
Alagarno est situé à quelques kms seulement de la ville de Chibok, dans laquelle le groupe armé Boko Haram avait enlevé un grand nombre de lycéennes, le mois dernier.
Dans un récent développement, au moins 118 personnes ont été tuées mardi, dans de multiples attentats à la bombe ayant frappé la capitale de l’Etat du Plateau, Jos.
Aucun groupe n’a encore revendiqué les différentes attaques, mais les membres de Boko Haram sont fortement suspectés d’en être les instigateurs.