Soraya Hend Ben Mustapha
27 novembre 2015•Mise à jour: 28 novembre 2015
AA / Beyrouth / Hamze Tekin
Le ministre libanais de la Justice, Ashraf Rifi, a affirmé qu’un proche du président syrien Bachar al-Assad ou de l’Iran ne sera pas autorisé à accéder à la présidence de la République du Liban.
«Celui qui voudra accéder à la présidence du pays devra être soit de l’alliance du 14 mars (qui soutient la révolution syrienne), soit neutre, mais en aucun cas membre de l’alliance du 8 mars (proche du régime syrien) ou ayant un lien quelconque avec al-Assad ou l’Iran», a insisté Rifi dans une interview accordée à l’Agence Anadolu (AA).
Le Liban connait un vide présidentiel et ne parvient pas à élire un président de la République depuis la fin du mandat Michel Sleiman en mai 2014.
«Ce vide a créé une grande confusion au sein du Parlement qui se trouve aujourd’hui quasi-paralysé, comme la travail du gouvernement et de toutes les institutions de l’Etat», a-t-il souligné.
Il a dans ce sens averti : «Nous n’accepterons pas qu’une personne qui constitue une couverture pour le projet iranien [en allusion à Michel Aoun, président du courant patriotique libre] ou toute personne ayant des liens avec le régime de Bachar al-Assad [en allusion à Sleiman Franjié, proche du régime syrien et dont le nom est également proposé pour la présidence de la République], accèdent au poste de président».
S’agissant de l’avion de chasse russe abattu mardi dernier par la Turquie, Rifi a affirmé que «la Turquie est un Etat qui a un grand sens de la dignité et de l’honneur, et tout Etat a le droit naturel de défendre sa souveraineté et son territoire».
Il a, en outre, invité la Russie à «revoir sa position», à «sortir le dossier syrien de la dimension militaire vers la dimension politique, et à collaborer avec les pays de la région ainsi que les autres pays arabes et internationaux».
«La Russie pourra ainsi préserver ses intérêts et donner bonne impression, mais en rejoignant le conflit armé, elle ne fait qu’enfoncer davantage la région, et s’enfoncer elle-même».
S’agissant des intérêts turcs au Liban, Rifi a insisté : «Nous soutiendrons la Turquie en tant que pays frère et ami, nous la défendrons, et nous ne resterons pas les bras croisés devant n’importe quelle menace contre ses intérêts».
Ashraf Rifi, ministre de la Justice au Liban depuis février 2014, occupait auparavant le poste de directeur général des forces de sécurité intérieure. Le Général-Major Rifi, musulman sunnite, est connu pour ses liens étroits avec l’Arabie Saoudite.