Khalid Mejdoub
25 Janvier 2018•Mise à jour: 25 Janvier 2018
AA / Rabat / Khaled Majdoub
Des dizaines de journalistes et de militants des droits de l'homme marocains, ont participé, jeudi, à une manifestation devant le tribunal de première instance de Rabat, où débutait la première audience du procès de quatre journalistes, dans une affaire de publication d'information confidentielles.
Les journalistes Abdelhak Belachgar , Abdelilah Sakhir, Mohamed Ahaddad et Kaoutar Zaki sont poursuivis pour "divulgation d'informations" et publication de reportages, à propos des travaux d'une commission d'enquête parlementaire sur les retraites.
Les journalistes cités travaillent pour des journaux et des sites Web, non gouvernementaux, qui ont publié ces informations.
Les participants à la manifestation, à laquelle avait appelé l'Union nationale de la presse marocaine, ont scandé des slogans condamnant le procès et les restrictions contre la presse; les journalistes accusés étaient présents sur les lieux.
Ils ont également appelé à "l'abandon immédiat" des poursuites contre ces journalistes, à la "garantie de la liberté d'expression et de publication de l'information", portant des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Non aux poursuites contre les journalistes, Non aux attaques contre les plumes libres".
Le tribunal a annoncé le report du procès, à la demande de la défense des journalistes, fixant au 8 mars prochain la date de la deuxième audience.
Les journalistes, qui comparaissaient aujourd'hui devant le tribunal, avaient publié des informations sur la commission d'enquête de la Chambre des conseillers (la deuxième chambre du parlement), formée pour examiner les caisses de retraites du pays.
Les concernés ont fait l'objet d'une plainte du président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchamass.
L'Union nationale de la presse a rejeté, dans un communiqué, le procès intenté aux journalistes, notant que les journalistes avaient accompli "leur devoir de communiquer des informations exactes et précises".
La Chambre des représentants (la première chambre du parlement marocain), avait majoritairement voté, en juillet 2016, des projets de loi visant à réformer les systèmes de retraite, notamment en faisant passer l'âge de la retraite de 60 à 63 ans, bien que certains syndicats dans le pays aient refusé ces réformes et organisé de nombreuses manifestations pour les dénoncer.