AA/ Antananarivo/ Alian Ilionaina
L’ancien président de Madagascar, Marc Ravalomanana, figure parmi les noms proposés pour le poste de Premier ministre, après la démission de Roger Kolo, lundi dernier, selon Confirmant, Guy Rivo Randrianarisoa, porte-parole de la mouvance parlementaire Ravalomanana.
La formation politique de Ravalomanana semble profiter du flou marquant la notion de majorité au sein du parlement pour y installer son candidat récemment revenu à Antananarivo (capitale), après cinq ans d’exil en Afrique du Sud.
La notion de majorité reste floue à l'Assemblée nationale à cause de l'instabilité de la composition des groupes parlementaires. Ceci étant le groupe parlementaire de Marc Ravalomanana dispose de 21 sièges sur les 151 que comptent l’hémicycle, le groupe parlementaire de l’actuel président de 49 députés et celui d’Andry Rajoelina de 14 sièges. Ces formations ne sont pas fixes, du fait des alliances et des regroupements constitués de temps à autre.
La «Plateforme pour la majorité présidentielle » (PMP), composée de partis hétéroclites, a remis une liste de 14 candidats au poste de Premier ministre, mardi. Le parti Tiako i Madagasikara (J'aime Madagascar), la formation politique de Marc Ravalomanana, qui en fait partie, glisse le nom de l'ancien chef de l'Etat dans ladite liste.
La PMP prétend avoir collecté 118 signatures, sur les 151 membres que compte l'Assemblée nationale, pour la confection de la liste des premiers ministrables. « Tous les noms qui figurent dans cette liste font l'objet d'un consensus entre tous les signataire », a expliqué Freddie Mahazoasy, vice-président de l'Assemblée nationale, et membre du bureau politique de «Forces nouvelles pour Madagascar »(HVM), parti du président actuel Hery Rajaonarimampianina.
Confirmant, Guy Rivo Randrianarisoa, porte-parole de la mouvance Ravalomanana, a indiqué : « Nous avons proposé le nom du président Marc Ravalomanana. Il est notre chef. Il appartient au Président de choisir. C'est une question de rapport de forces. »
Un autre son de cloche émane cependant du côté du président du groupe parlementaire d’Andry Rajoelina (président transitoire de la République de Madagascar du 17 mars 2009 au25 janvier 2014), Brunelle Razafintsiandraofa, qui a soupçonné Marc Ravalomanan de « manœuvrer pour profiter de la situation actuelle qui prévaut dans le pays ».
«Il n'est pas exclu qu'il [Marc Ravalomanana] tente de marchander son nom contre des sièges au gouvernement pour son parti, mais également pour sa liberté. Or, il n'a que 20 députés à l'Assemblée nationale », observe-t-il.
Le débat autour de la nomination du Premier ministre risque d'être vif. La notion de majorité demeure floue à l'Assemblée nationale à cause de l'instabilité de la composition des groupes parlementaires. Or, la Constitution confère au groupe politique majoritaire à la Chambre basse, le droit de proposer le nom du Premier ministre, que le Président de la République devrait nommer. « Il faut que le chef de l'Etat prenne les choses en main, sinon la situation pourrait être difficile pour nous tous », avertit M. Razafintsiandraofa.
Marc Ravalomanana est sous-régime de résidence surveillée depuis son retour en catimini le 13 octobre 2014, après cinq ans d'exil en Afrique du Sud. L'ancien chef de l'Etat est, entre autres, condamné par contumace à une peine de travaux forcés à perpétuité pour complicité de meurtres lors d'une manifestation des partisans de Andry Rajoelina en 2009.
Pour l'instant, Marc Ravalomanana participe, au même titre que Hery Rajaonarimampianina, président de la République, et les quatre autres anciens chefs d'Etat, à des discussions entrant dans le cadre de la réconciliation nationale. Il s'agit d'une initiative du Conseil chrétien des Eglises (FFKM), la confédération des Eglises chrétiennes. Une troisième réunion est prévue se tenir le 15 janvier, après celle du 19 décembre 2014 et celle du 13 janvier.
Jusqu'ici, la Présidence de la République ne communique pas sur la démission de l'ancien Premier ministre Roger Kolo. Il en est de même pour la nomination du nouveau chef du gouvernement.