AA / Istanbul / Sanaa Amir
La commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de résolution visant à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, à l’issue d’un débat marqué par de vives tensions.
Dans la foulée du vote, la deputée, Sabrina Sebaihi, a dénoncé l’attitude d’une partie des députés. « Je crois que ceux qui sont venus juste pour voter contre ce texte sont déjà en train de partir, sans écouter ce qui était important », a-t-elle déclaré.
Elle a également regretté une mobilisation inhabituelle au sein de la commission : « Il y a eu une telle mobilisation, y compris de personnes qui ne siègent pas dans cette commission, pour venir voter contre ce texte ».
Par ailleurs, la députée a insisté sur la responsabilité de la France sur la scène internationale. « Il y a une responsabilité de la France de porter le respect du droit international et humanitaire », a-t-elle affirmé, rappelant que le gouvernement soutient la suspension de cet accord.
Dans ce contexte, elle a accusé certains élus de s’opposer à la ligne défendue par l’exécutif : « Une partie de cette commission décide non pas de suivre le gouvernement, mais de faire l’inverse ».
Enfin, Sabrina Sebaihi a tenu des propos particulièrement virulents en évoquant la situation à Gaza et au Liban. « Pendant que vous êtes assis tranquillement, il y a des enfants qui meurent, des femmes qui meurent, des hôpitaux qui ne fonctionnent plus », a-t-elle déclaré, dénonçant des discours « qui seront peut-être demain considérés comme du négationnisme ».
Elle a conclu en dénonçant une situation « pas à la hauteur », ajoutant : « Ça me donne même envie de vomir ».
L’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, entré en vigueur en 2000, constitue le cadre central des relations politiques, économiques et scientifiques entre les deux parties. Il prévoit notamment des facilités commerciales et inclut une clause conditionnant sa mise en œuvre au respect des droits humains et du droit international, ouvrant la possibilité d’une suspension en cas de manquements.
Dans ce contexte, le débat sur une éventuelle remise en cause de cet accord s’est intensifié depuis le 7 octobre 2023, sur fond de dégradation de la situation humanitaire à Gaza.
Cependant, au sein de Union européenne, les États membres n’ont pas réussi à trouver un consensus sur une suspension totale ou partielle du texte, illustrant des divisions persistantes entre capitales favorables à cette option et celles qui s’y opposent.