Macron appelle à une « troisième voie » face aux grandes puissances lors d’une visite en Corée du Sud
- Depuis l’université Yonsei à Séoul, le président français plaide pour une coopération renforcée entre démocraties face aux crises mondiales et met en garde contre les dérives du numérique
Istanbul
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Le président français Emmanuel Macron a appelé, vendredi, à l’émergence d’une « troisième voie » face aux grandes puissances mondiales, tout en plaidant pour une régulation renforcée des réseaux sociaux, lors d’une intervention devant des étudiants de l’université Yonsei en Corée du Sud.
S’exprimant dans un contexte international marqué par des conflits et une instabilité croissante, Emmanuel Macron a évoqué « un monde en profonde transformation », citant notamment la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient ainsi que les perturbations du commerce mondial. Il a estimé que l’ordre international hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale est désormais remis en cause. « Nous ne devons pas être passifs face à ce désordre, mais construire un nouvel ordre », a-t-il déclaré.
« Nous ne voulons pas être les vassaux de deux puissances hégémoniques », a-t-il affirmé, ajoutant ne pas vouloir dépendre « de la domination de la Chine » ni être « trop exposés à l’imprévisibilité des États-Unis ».
Dans ce contexte, il a défendu la création d’un axe de coopération entre démocraties partageant des valeurs communes, incluant notamment l’Europe, la Corée du Sud, le Japon, l’Inde, le Canada ou encore le Brésil. « Une forme de troisième voie peut émerger », a-t-il indiqué, en appelant à bâtir une coalition de pays « capables et volontaires » fondée sur la démocratie, l’État de droit, la science, la lutte contre le changement climatique et un commerce libre et ouvert.
Le chef de l’État français a insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats, notamment entre la France et la Corée du Sud, dans des domaines stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, l’espace, l’énergie – y compris le nucléaire et les renouvelables – ainsi que la défense et la sécurité.
Il a également souligné le rôle central des universités et de la recherche, appelant à préserver une « science libre et ouverte », indépendante de toute ingérence politique. « Aucun de ces défis ne peut être relevé par un seul pays », a-t-il insisté, plaidant pour un renforcement de la coopération internationale et du multilatéralisme.
Interrogé sur les risques liés aux plateformes numériques, Emmanuel Macron a estimé que la fragmentation des sociétés n’était « plus un risque, mais une réalité ». Il a dénoncé les effets des réseaux sociaux, accusés de favoriser la polarisation et la radicalisation, notamment à travers la formation de « bulles cognitives » et l’usage d’algorithmes visant à maximiser l’engagement des utilisateurs à des fins commerciales.
Le président français a également mis en garde contre l’impact de ces plateformes sur la santé mentale des jeunes, annonçant une législation visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France, accompagnée d’un système de vérification de l’âge à l’échelle européenne.
En parallèle, il a plaidé pour une régulation plus stricte des plateformes, incluant l’interdiction des faux comptes et des « trolls », la transparence des algorithmes, la limitation de la publicité politique en période électorale ainsi qu’un contrôle renforcé des contenus haineux.
« Il n’y a pas de raison qu’un discours interdit dans la société soit autorisé sur les réseaux sociaux », a-t-il affirmé.
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