Politique

Lyon : une figure de l’ultradroite incarcérée pour non-respect de son contrôle judiciaire

- Eliot Bertin, fondateur d’un groupuscule dissous, s’était rendu à une marche controversée, sur fond de questions sur la gestion policière de la mort de Quentin Deranque

Serap Dogansoy  | 28.03.2026 - Mıse À Jour : 28.03.2026
Lyon : une figure de l’ultradroite incarcérée pour non-respect de son contrôle judiciaire

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Une figure de l’ultradroite lyonnaise, Eliot Bertin, a été placée en détention provisoire pour non-respect de son contrôle judiciaire après s’être rendu à une marche en février à Lyon, a appris le presse française vendredi de source proche du dossier, confirmant une information de BFMTV.

Selon cette source, Eliot Bertin a été incarcéré jeudi pour avoir enfreint une interdiction de se rendre à Lyon, imposée dans le cadre de son contrôle judiciaire. Cette mesure, décidée par un juge, permet de laisser une personne mise en examen (c’est-à-dire poursuivie dans une enquête judiciaire) en liberté sous certaines conditions strictes, comme des restrictions de déplacement.

L’intéressé était notamment mis en examen pour sa participation présumée à une attaque en 2023 contre un local associatif du Vieux Lyon, où se tenait une conférence sur Gaza, qui avait fait plusieurs blessés.

Malgré cette interdiction, il s’est rendu le 21 février à une marche organisée en hommage à Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale décédé début février après avoir été violemment agressé, selon les autorités, par des membres de l’ultragauche.

Environ 3.200 personnes ont participé à ce rassemblement dans les rues de Lyon, marqué par des incidents, notamment des saluts nazis et des propos racistes et homophobes, selon des images relayées sur les réseaux sociaux. La préfecture du Rhône avait indiqué avoir saisi la justice à la suite de ces faits.

Des révélations de BFMTV ont par ailleurs indiqué que des agents du renseignement territorial (service de police chargé de la surveillance des mouvements susceptibles de troubler l’ordre public) étaient présents le 12 février lors des affrontements ayant précédé la mort de Quentin Deranque. Selon ces informations, les policiers suivaient en amont des militants antifascistes, redoutant des tensions, et auraient assisté à une partie des faits sans intervenir, invoquant notamment un manque d’effectifs et de moyens.

Toujours selon BFMTV, les agents auraient perdu de vue le groupe surveillé durant les minutes cruciales précédant le passage à tabac, avant de retrouver la scène peu après. Ces éléments, qui soulèvent des interrogations sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre, doivent encore être examinés dans le cadre de l’information judiciaire en cours.

Eliot Bertin est connu pour avoir fondé le groupuscule nationaliste « Lyon Populaire », dissous en 2025 par les autorités. La dissolution d’un groupuscule correspond à une décision administrative visant à interdire une organisation jugée dangereuse pour l’ordre public. Selon le décret de dissolution, ce groupe diffusait des contenus à caractère discriminatoire et haineux, notamment envers les personnes immigrées, les juifs et les personnes homosexuelles.

Par ailleurs, Eliot Bertin est le compagnon d’Aliette Espieux, organisatrice de la marche et ancienne candidate du Rassemblement national, connue pour ses prises de position anti-avortement.

La justice doit désormais se prononcer sur les suites à donner à son contrôle judiciaire, dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux violences et tensions liées aux mouvances radicales.

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