Londres autorise Washington à utiliser ses bases dans le Golfe pour des opérations « défensives » contre l’Iran
- Keir Starmer affirme que la décision vise à protéger les ressortissants britanniques et les alliés régionaux, tout en excluant toute participation aux frappes offensives contre Téhéran
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé avoir autorisé les États-Unis à utiliser des bases britanniques situées dans le Golfe pour des opérations « spécifiques et limitées » à caractère défensif contre l’Iran, afin d’empêcher des tirs de missiles visant la région.
Dans une vidéo publiée sur son compte américain X, le chef du gouvernement a précisé que cette décision répondait à une demande américaine et s’inscrivait dans le cadre de la « légitime défense collective » d’alliés de longue date du Royaume-Uni, conformément au droit international .
Keir Starmer a souligné que le Royaume-Uni n’avait pas participé aux frappes initiales menées contre l’Iran et qu’il ne rejoindrait pas d’« action offensive » . Il a toutefois estimé que les attaques iraniennes dans la région mettaient en danger des civils ainsi que des ressortissants britanniques.
Selon lui, au moins 200.000 Britanniques se trouvent actuellement dans la région du Golfe, qu’il s’agisse de résidents, de touristes ou de personnes en transit . Il a indiqué que des aéroports et des hôtels accueillant des citoyens britanniques avaient été touchés par des frappes iraniennes .
Le Premier ministre a également affirmé qu’une base militaire à Bahreïn avait été visée, des personnels britanniques ayant été « évités de justesse » . Il a indiqué que des avions britanniques participaient déjà à des opérations coordonnées de défense aérienne, ayant permis d’intercepter des tirs iraniens .
Il a précisé que les autorités britanniques entendaient publier un résumé de l’avis juridique ayant fondé cette décision .
Keir Starmer a par ailleurs réitéré que Londres privilégiait une solution négociée impliquant l’abandon par l’Iran de toute ambition de développer une arme nucléaire , tout en affirmant que le gouvernement britannique avait le « devoir » de protéger les vies et les intérêts nationaux.
Il a enfin déclaré que le Royaume-Uni apporterait un soutien technique supplémentaire à ses partenaires du Golfe, notamment pour renforcer les capacités de défense contre les drones iraniens .
Cette déclaration intervient dans un contexte d’escalade militaire au Moyen-Orient. Le 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé des frappes contre l’Iran alors que des négociations étaient en cours entre Téhéran et Washington.
En représailles, l’Iran a mené des attaques visant des objectifs en Israël ainsi que dans plusieurs pays de la région, dont le Qatar, les Émirats arabes unis et Bahreïn, où sont stationnées des forces américaines.
Les frappes américano-israéliennes ont notamment coûté la vie au guide suprême iranien, Ali Khamenei, ainsi qu’à plusieurs hauts responsables iraniens. Selon le Croissant-Rouge iranien, les bombardements ont fait 201 morts et 747 blessés dans le pays.
