Bilal Müftüoğlu
22 Septembre 2015•Mise à jour: 22 Septembre 2015
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les pays doivent harmoniser leurs politiques migratoires pour formuler une réponse "coordonnée" face à une "crise humanitaire sans précédent", a estimé l'OCDE.
Dans son dernier rapport, "Perspectives des migrations internationales", paru mardi, l'OCDE a appelé ses Etats membres, connaissant en partie un afflux record de migrants, à mettre en place une politique "concertée" pour répondre aux besoins urgents des réfugiés dans un premier temps et faciliter leur intégration à long terme.
En 2014, 800 000 demandes d’asile ont été enregistrées, essentiellement en Europe, "un niveau jamais atteint depuis 1992", a rappelé l'organisation internationale, soulignant que le chiffre en 2015 sera encore plus important. Le fait que les arrivées ne comportent pas seulement des "réfugiés potentiels", mais aussi des migrants qui "n’ont pas toujours un besoin de protection avéré" ajoute une "pression supplémentaire" sur les pays européens, a estimé l'OCDE.
"Le coût humain de cette crise des réfugiés est terrifiant", a regretté Angel Gurria, Secrétaire général de l'OCDE, lors de la présentation de l'étude mardi. S'appuyant sur le mécanisme permanent de l'accueil des réfugiés en Europe, proposé par la Commission européenne, Gurria a exhorté l'accord sur "une façon équitable" de répartir les personnes venues demander l'asile en Europe et les aider à se loger, se nourrir et subsister, "aussi nombreuses soient-elles".
"Les pouvoirs publics devront aussi prendre les mesures qui s’imposent à moyen et long terme pour remédier à cette crise", a-t-il poursuivi.
S'agissant des mesures à long terme, l'OCDE a mis en relief le problème du chômage, qui touche les migrants dans leurs pays de destination, beaucoup plus que les nationaux et celui de la pauvreté.
"Pour utiliser au mieux les compétences des migrants qui sont destinés à rester, il est important de continuer à investir dans des politiques d’intégration et d’améliorer l’efficacité de ces investissements", a tranché l'OCDE dans son étude.