AA / Tripoli / Mohamed Ennajem
Le chef du gouvernement de gestion des affaires courantes en Libye Abdallah al-Théni a indiqué «être toujours en fonction» et en contact avec le nouveau gouvernement conduit par Ahmed M’atiig.
Animant une conférence de presse, mardi, au siège du ministère de l’Electricité, à Tripoli, al-Théni a souligné : « Je suis toujours en fonction en tant que chef de gouvernement de gestion des affaires courantes et mon cabinet tient des réunions urgentes consacrées à l’évaluation et au traitement de la situation sécuritaire qui prévaut actuellement ».
Al-Théni a, par ailleurs, appelé «l’ensemble des protagonistes politiques à entreprendre un dialogue et à n’exclure aucune partie».
Le Premier ministre intérimaire a dévoilé être en contact avec le nouveau gouvernement conduit par M’atiig, précisant cependant: « Nous avons donné nos instructions aux unités de sécurité de faciliter la tache du nouveau chef du gouvernement et de sa formation ministérielle et de ne pas les empêcher d’accéder au siège de la présidence du gouvernement (lundi soir) afin d’éviter l’écoulement du sang uniquement ».
Ahmed M’atiig avait accédé, lundi soir, au siège de la présidence du gouvernement, à Tripoli, au milieu de renforts militaires, selon des sources responsables, qui ont déclaré à Anadolu qu’aucune passation n’avait eu lieu entre M’atiig et al-Théni.
Abdallah al-Théni a affirmé que «les procédures de passation du pouvoir n’ont pas été achevées et elles ne le seront pas jusqu’à ce que la chambre constitutionnelle de la Cour suprême ait statué sur la légalité de la désignation de M’atiig et nous seront prêts, dès lors, à rendre le pouvoir ».
Parallèlement à M’atiig et al-Théni, le pouvoir est revendiqué en Libye par le général à la retraite Khalifa Haftar qui a enclenché, depuis plus de deux semaines, «l’opération de Dignité » dans la ville de Benghazi (Est) pour lutter contre les groupes «extrémistes» proches de l’état-major de l’armée libyenne, ce qui a fait plus de 80 morts, selon des sources médicales.
D’autres milices, al-Kaakaa et Essawaek (la foudre) échappent également à l’autorité du pouvoir central et sont hostiles au Congrès Général National (Parlement provisoire).
La Libye est en proie depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi à une détérioration sécuritaire sans précédent, due essentiellement à la prolifération des armes.