AA / Benghazi (Libye) / Moaataz al-Majbri
Les habitants des zones limitrophes des endroits où ont éclaté des affrontements entre les forces de Khalifa Haftar et les groupes armés de « Ansar al-Chariaa », dans la ville libyenne de Benghazi (Est), ont quitté leurs maisons, lundi matin, suite à la chute à proximité d’obus et de missiles au cours des bombardements de l’aviation militaire, selon le correspondant d’Anadolu.
« Les habitants des zones de Tablinou, Sidi Frej, al-Gouracha, Kar Younes et de Hawari ont quitté leurs maisons vers plusieurs destinations à cause des tirs de missiles qui ont touché leurs maisons suite aux affrontements enclenchés lundi à l’aube et qui ont duré sept heures », a indiqué le correspondant, sans pour autant préciser le nombre des personnes déplacées.
Dans des déclarations séparées à Anadolu, des déplacés ont indiqué qu’ils ont "vécu, sept heures durant, dans la peur, hantés par les bombardements à proximité de leurs maisons", précisant que des voisins à eux ont été touchés par des missiles.
Dans des déclarations faites aux médias, lundi, des chefs des forces de Haftar ont demandé aux habitants des régions avoisinantes des foyers de tension «de sortir de chez eux pour préserver leur vie», ajoutant que « l’opération militaire engagée contre les phalanges armées est toujours en cours ».
Les affrontements ont généré des dégâts matériels importants, endommageant les maisons situées à proximité des champs de bataille et de nombreuses voitures ont été incendiées dans la zone de Kar Younes.
Des sources médicales avaient indiqué à Anadolu que le bilan des combats enclenchés lundi entre les forces partisanes de Haftar et les groupes armés de Ansar al-Chariaa s’élève à 17 morts, dont un civil et un pompier, et 27 blessés.
Créée en 2011, soit après la chute du régime du colonel Kadhafi, l’organisation de "Ansar al-Chariaa" est un groupe qui appelle à l’application de la charia’a islamique.
Cette organisation ne reconnait pas l’autorité de l’Etat libyen et n’est pas affiliée à l’état-major de l’armée libyenne à l’instar des autres phalanges. Les Etats-Unis d’Amérique ont inscrit plusieurs parmi les chefs de l‘organisation sur la liste des personnes recherchées.
Général à la retraite, Khalifa Haftar a enclenché, il y a plus de deux semaines, une opération baptisée « La bataille de la Dignité » à l’encontre de « terroristes liés à l’état-major de l’armée libyenne », dans la ville de Benghazi, ce qui a généré des affrontements qui avaient fait 80 morts au moins.
Des parties gouvernementales ont considéré cette opération comme étant «un coup d’Etat contre la légitimité» et une tentative d e faire avorter la révolution du 17 février qui avait fait chuter le régime de Mouammar Kadhafi.