AA / Khartoum / Nabil Salim
Une femme médecin soudanaise condamnée à mort pour apostasie le 15 mai, et qui a accouché en prison, a été libérée, lundi, après l’abandon des charges retenues contre elle, a annoncé son avocat.
L’avocat de Maryam Yahya Ibrahim (27 ans), Mohannad Moustafa, a déclaré, lundi, à Anadolu que « Mariem a été libérée et qu'elle a quitté la prison ».
L’avocat a refusé de communiquer l’emplacement de Mariem pour des raisons de sécurité, d'autant plus que la sentence est plausible de susciter l’ire des religieux musulmans dans un pays qui applique la charia islamique.
L’agence de presse soudanaise officielle a indiqué que "la Cour d’appel à la ville de Bahri (au Nord de Khartoum) a ordonné l’annulation de la condamnation à mort de Mariem et sa libération".
Médecin de profession, Maryam Yahya Ibrahim a été accusée d’apostasie en vertu de l’article 126 de la Loi soudanaise relative à la conversion à l’Islam à une autre religion, et d’adultère, selon l’article 146 de la même loi.
Au cours de l’audience, Maryam a déclaré qu’elle est « chrétienne et qu'elle n’a jamais fait acte d’apostasie », affirmant qu’elle a "été élevé selon les croyances de sa mère, éthiopienne chrétienne, après le départ de son père quand elle était encore enfant".
Le gouvernement soudanais, à obédience islamique, a été très sévèrement critiqué par des organisations internationales et de gouvernements occidentaux, notamment les Etats Unis et la Grande Bretagne.
Le premier ministre britannique, David Cameron, a décrit la condamnation à mort comme « barbare », quelques jours après la convocation du chargé d'affaires de l’ambassade soudanaise à Londres par le ministère britannique des affaires étrangère afin de lui demander d’intervenir pour mettre un terme à cette condamnation.