Politique

Liban: Retour au calme à Beyrouth après de violents affrontements

Aoun a appelé l'armée à imposer l’ordre, Hariri a dénoncé des "mercenaires", et une association accuse 6 responsables d'avoir incité des manifestants

Mourad Belhaj   | 19.01.2020
Liban: Retour au calme à Beyrouth après de violents affrontements

Lebanon

AA / Beyrouth / Youssef Hussein

Le calme est revenu au centre de la capitale libanaise, Beyrouth, samedi soir, après des affrontements entre les forces de sécurité et des manifestants. Il s'agit des affrontelments les plus violents depuis le début des manifestations populaires, le 17 octobre.

Les affrontements ont éclaté après que des manifestants se sont rassemblés devant la Chambre des représentants (Parlement), pour protester contre la persistance de la détérioration des conditions politiques et économiques, dans un pays qui souffre de la pire crise économique depuis la guerre civile entre 1975 et 1990.

Des incendies ont éclaté dans un garage et des magasins commerciaux, ainsi que des tentes dans le sit-in du centre-ville de Beyrouth.

La direction de la sécurité du Parlement a nié, dans un communiqué, l'authenticité de ce qui a été rapporté par les médias locaux selon lequel ses membres avaient brûlé des tentes de manifestants sur les places "des martyrs" et "Riyad al-Solh", dans le centre de Beyrouth, affirmant que cela "s'inscrit dans le cadre de la désinformation ".

La Croix-Rouge libanaise a fait état, dans un communiqué, du transfert de plus de 80 blessés vers des hôpitaux et de l'assistance de plus de 140 autres sur le site des affrontements.

Le président libanais, Michel Aoun, a exigé, via Twitter, que les ministres de la défense et de l'intérieur, ainsi que les responsables de la sécurité concernés, garantissent la sécurité des manifestants pacifiques, empêchent les émeutes, sécurisent les biens publics et privés et renforcent la sécurité.

"La scène des affrontements, des incendies et des actes de sabotage dans le centre de Beyrouth est une scène incroyable, suspecte et inacceptable qui menace la paix civile et présage des conséquences les plus graves", a déclaré Saad Hariri, chef du gouvernement intérimaire, via Twitter.

Et d’ajouter: "Beyrouth ne sera pas un lieu pour les mercenaires et les politiques qui visent délibérément l’aspect pacifique des mouvements populaires".

Le Liban connaît, depuis le 17 octobre, des manifestations populaires qui ont contraint le gouvernement Hariri à démissionner le 29 du même mois.

L'association civile "Lahqi" a déclaré, dans un communiqué, que "les forces du système politique ont achevé, aujourd'hui, leur réponse hostile, avec les formes de violence les plus dures des forces de sécurité, en réprimant les manifestants, pensant que l'intimidation mettra fin au soulèvement du peuple".

Et d’ajouter que : "Les ministres de l'Intérieur et de la Défense, le chef du gouvernement intérimaire, le président de la Chambre des représentants, le président de la République et le directeur général de la sécurité intérieure sont responsables de la sécurité des citoyens et de la sécurité des manifestants".

L'association a appelé les Libanais à "se joindre aux manifestations de Beyrouth, à demander au Premier ministre désigné, Hassan Diab, de se retirer et à désigner une personnalité indépendante pour former un gouvernement qui réponde aux exigences de la révolution".

Hassan Diab, poursuit depuis plus de quatre semaines des consultations afin de former un gouvernement qui est désormais confronté au rejet des manifestants, qui en appellent à la désobéissance civile.

"Lahqi" a exigé que le directeur général de la sécurité intérieure, Imad Othman, soit révoqué et traduit en justice, et appelé à la dissolution de la police du Parlement, dans le contexte de la répression des manifestants, selon le communiqué.

Les manifestants exigent l'indépendance du pouvoir judiciaire, la saisie des comptes des corrompus et la formation d'un gouvernement d’experts indépendants des partis politiques, excluant les anciens ministres, qu'ils accusent de corruption et d'incompétence.

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