Majdi Ismail
14 Décembre 2020•Mise à jour: 15 Décembre 2020
AA/ Beyrouth
Le Procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, chargé de suivre le dossier de l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, a annoncé ce lundi, qu’il se retire dudit dossier pour cause de lien de parenté avec un ancien ministre accusé dans cette affaire.
« En sa qualité de Procureur général près la Cour de cassation en charge du suivi du dossier de l’enquête sur l’explosion du Port de Beyrouth, le juge Ghassan Oueidate, a annoncé qu’il se retire dudit dossier en raison du lien de parenté qu’il a avec un ancien ministre et député, Ghazi Zeaïter », indique l’agence de presse officielle libanaise.
Ghassan Oueidate, est le beau-frère de l'ancien ministre et député Ghazi Zeaïter, l'un des quatre responsables libanais, inculpés jusqu'à présent dans cette affaire.
Jeudi, l’enquêteur judiciaire en charge du dossier de la déflagration survenue au port de Beyrouth, Fadi Sawan, avait inculpé, le chef du gouvernement chargé de la gestion des affaires courantes, Hassan Diab, ainsi que trois anciens ministres, dont Ghazi Zeaïter, pour « négligence et manquement, ayant causé des décès et des nuisances à des centaines de personnes ».
L'explosion survenue le 4 aout au port de Beyrouth a causé 200 morts, plus de 6 000 blessés, et a privé plus de 300.000 personnes de leurs habitations, obligeant un grand nombre de familles à séjourner dans des hôtels et autres abris de fortune.
L'avocat général près la Cour de cassation, Ghassan el-Khoury, assurera le suivi de l’affaire en ce qui concerne la partie de l’enquête qui relève du parquet, indique la même source.
Le chef du gouvernement chargé de la gestion des affaires courantes, Hassan Diab, a refusé de se faire interroger aujourd'hui, rapporte une source proche du responsable libanais, à l'agence Anadolu.
Après les accusations portées à son encontre, Hassan Diab, avait déclaré qu’il est "un homme qui respectait les institutions et l'état de droit et se conformait à la Constitution".
Diab accuse le juge d’instruction en charge de l’affaire, « d’avoir violé la Constitution et contourné le Parlement ».
Par cette accusation contre le juge, Diab convoque l’article 70 de la Constitution libanaise, lequel dispose que la mise en accusation du Premier ministre et des membres du gouvernement soit émise par le Parlement après l'approbation de la majorité de ses membres, et non par le pouvoir judiciaire.
Suite au refus par Diab de se faire interroger ce lundi, la chaîne de télévision libanaise privée "LBC" a indiqué qu'une séance d’audition à cet effet, se tiendra vendredi matin, 18 décembre.
Une source proche du Secrétariat général du Parlement libanais a fait savoir dans une déclaration à l'agence Anadolu, que la Chambre des députés avait demandé à l'enquêteur judiciaire en charge de l'affaire de l'explosion du port, les documents nécessaires pour déférer le dossier.
La concrétisation de cette étape, permettra de déférer le dossier à la Chambre des députés et non au pouvoir judiciaire, en vue de le renvoyer au Conseil suprême chargé de juger les Présidents et les ministres.
Il y a quelques jours, des responsables libanais, y compris le mufti du Liban, le Sheikh Abdul Latif Darian, ont rejeté les accusations contre Diab, les considérant comme une attaque orchestrée visant le poste de président du Conseil et une violation de la Constitution et de la loi relative au jugement des Présidents et ministres.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail